Noureddine Robbana et la mémoire de l’escrime en Tunisie

De longues années durant, il m’arrivait de m’entretenir avec Noureddine Robbana de l’escrime en Tunisie.
Nos rencontres étaient fréquentes tout simplement car, voisins, nous habitions le même quartier de Montfleury et nous croisions au quotidien.
Homme d’une rare élégance et d’une mémoire à toute épreuve, Noureddine Robbana était un passionné d’escrime.
Ne cherchant nullement à retirer des lauriers amplement mérités au nom de son action à la tête de la Fédération tunisienne d’Escrime, l’homme préférait la modestie, une discrétion toute djerbienne et l’acharnement au travail.
C’est sous ses mandats que l’escrime tunisienne a fait des bonds en avant et mis sous les projecteurs des sportifs comme les soeurs Besbès et d’autres.
Misant sur la collégialité, Noureddine Robbana aimait le travail en équipe et la noblesse du sport entre glorieuse incertitude des joutes et fair play essentiel.
Aujourd’hui disparu, arraché à l’affection des siens après une maladie brutale, son oeuvre survit et son travail de fond continue à payer.
Découvrant cette photographie d’archives, je ne peux m’empêcher d’avoir une pensée reconnaissante à ce grand monsieur qui m’a souvent raconté la saga de l’escrime tunisienne.
Cette discipline considéré comme le noble art par excellence ne m’était pas étrangère car, de son vivant, mon grand-père qui compta parmi les fondateurs du Club Africain avait dirigé pour un temps les sections d’escrime et d’échecs.
C’était à la fin des années soixante et cela m’avait permis de baigner dans ce milieu presque chaque dimanche, en assistant aux tournois hébergés par la kermesse de Montfleury, alors lieu cardinal de l’escrime tunisienne.
Plus tard, au lycée Carnot de Tunis, j’ai eu pour enseignants d’éducation physique maître Mertez et maître Chatagnaux, tous deux escrimeurs et encadreurs des sportifs dans cette discipline.
J’en garde des souvenirs qui, parfois, se confondent avec les romans de cape et d’épée, des aventures de Scaramouche ou D’Artagnan et ses mousquetaires.
Bien sûr, je pourrais ici égrener le fil de cette mémoire, mais je me contenterai aujourd’hui, tout en rendant hommage à Noureddine Robbana, d’admirer cette photo magique.
Une photo qui nous renvoie au début du vingtième siècle, lorsque le Casino du Belvédère servait d’écrin aux joutes des sabres, des épées et des fleurets mouchetés. Une photo qui évoque les racines lointaines d’un sport qui fut populaire entre tous.

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