Jazz à Carthage : Jalen N’gonda entre Prince, Percy Sledge et Buddy Guy

L’ouverture ce vendredi 6 avril de la treizième édition de Jazz à Carthage a été festive, rythmée et conviviale.

Les premiers artistes à fouler la scène du festival sont apparus dans la pénombre : un batteur et un bassiste qui composaient la section rythmique de N’gonda qui, quelques instants plus tard, surgit avec sa guitare.

La voix haut perchée mais sachant retrouver un tempo plus syncopé, N’gonda évoluait entre plusieurs registres. A la fois crooner et bluesman, il faisait régner des univers différents et une ambiance chaleureuse.

Parfois, il empruntait aux registres traditionnels avec la reprise de standards uniquement accompagné de sa guitare et, d’autres fois, il faisait parler la poudre avec son ensemble.

Très proche d’un Buddy Guy ou d’un Robert Cray, Jalen N’gonda semble fou de confluences. On le croirait surgi de la cuisse de Percy Sledge lorsqu’il se lance dans des mélopées intimistes puis, soudain, c’est toute l’énergie du trio qui jaillit.

Et là, on se croirait emporté sur les ailes du mythique Cream voire de l’Experience de Hendrix, tous deux basés sur des trios. Rapide et précis sur sa guitare, N’gonda faisait songer à la lucidité d’un Alvin Lee ou au phrasé limpide d’un Johnny Winter.

Bref, ce guitariste est une épopée! Avec lui, les styles se chevauchent et s’agrègent alors que le beat fuse de tous côtés. Conquis, le public a vite compris qu’il se trouvait face à une pointure pétrie de références et maîtrisant pleinement son sujet.

Du coup, la communion fut totale et le jazz – le vrai – s’imposa au grand bonheur des présents.

Jazz à Carthage était lancé à pleine vitesse, avec swing et dans la liberté des solistes surfant sur la complicité des muses.

Commentaires:

Commentez...