Carthage : La maison de Victor Sarfati saccagée dans l’indifférence de la police ?

Tribune | Par Hélène Sarfati-Leduc

Nous avons reçu cette correspondance de la famille du regretté Victor Sarfati qui y alerte l’opinion publique sur des faits graves et répétés visant la résidence familiale.

Vols, dégradations, intrusions à Carthage,
la police ne fait rien
Une œuvre de Victor Sarfati

Je suis la fille de Victor Sarfati, grand aquarelliste tunisien, représentant important du patrimoine culturel de la Tunisie et connu par tous les habitants de Carthage où il vivait et où nous avons toujours une maison en location.

Connu des voleurs aussi, qui savent très bien que nous sommes rarement dans la maison depuis le décès de mon père. Qui savaient aussi qui il était en lui envoyant, à lui et à ma mère, avant son décès, des lettres de menaces de mort et d’égorgement sur fond de jihad, entre deux cambriolages, toutes agressions jamais élucidées par la police, manifestement peu concernée par la question.

Il y a bientôt une semaine de cela, dans la nuit du 18 Janvier, notre maison de Carthage a été cambriolée une troisième fois. Les voleurs ont réussi à entrer par la porte fenêtre de la cuisine, en arrachant la grille en fer forgé.

Ils ont mis la maison à sac, emporté tout ce qu’ils pouvaient, TV, lecteurs etc. Ils ont intégralement vidé les tiroirs et armoires, systématiquement vidé toute la maison, saccagé le bureau de mon père.

Les voisins ont appelé la police, qui est venue prendre les empreintes et une fois ce travail fini, a refermé comme elle le pouvait la porte fenêtre fracturée. Il y avait du sang partout, l’un des voleurs s’étant sans doute blessé en cassant la vitre.

Le lendemain, ils sont revenus, ont à nouveau pris ce qu’ils trouvaient mais également des tableaux de mon père.

La police, rappelée par les voisins n’a pas jugé bon de se déplacer, alors que les voleurs ont passé la nuit sur place, lumières allumées, tout à fait tranquilles.

Le jour suivant, la porte fenêtre a été réparée. Les mêmes sont revenus dans la nuit, une troisième fois, ont tout cassé à nouveau, sont entrés dans la maison, et ont lacéré des tableaux de mon père avant de repartir tranquillement, sans être inquiétés par la police que mes voisins n’ont cessé d’appeler, suppliée de se déplacer, en se rendant eux-mêmes au commissariat, sans succès.

Une réponse faite par les policiers ? Nous ne sommes pas des gardiens. Alors même qu’ils savaient que les voleurs revenaient depuis trois nuits, allumaient les lumières, fumaient des cigarettes qu’ils laissaient là en partant la journée.

La porte fenêtre ayant été bétonnée, les visiteurs, revenus pour la 5ème fois, ont choisi de dormir dans l’une des voitures garées dans le jardin après avoir tenté d’ouvrir l’autre, déchiré la bâche et abimé l’ouverture d’une portière.

Encore une fois, la police est informée mais ne juge toujours pas utile de venir les cueillir, alors qu’ils dorment là pour la 5ème nuit !

Je suis écœurée par cette inertie, assommée par les dégradations et vols des œuvres de mon père, par le mépris affiché par les forces de l’ordre pour cette agression infâme et répétée, abasourdie par l’impunité absolue dont jouissent ces gens, par la totale absence de protection de citoyens honnêtes par la police.

A deux pas du Palais Présidentiel, on laisse sans bouger détruire le patrimoine culturel de la Tunisie, des voisins terrorisés obligés de faire seuls le travail de la police, et des délinquants saccager une maison, tout voler, s’installer chez moi, sans arrêter des voleurs qui reviennent tranquillement chaque nuit dans notre maison alors qu’ils sont à la disposition de la police qui en est informée en temps réel !

Rien n’a été fait par la Tunisie pour honorer l’un de ses représentants, mon père, au contraire, tout est fait pour que nous tournions les talons définitivement, malgré notre attachement à notre pays, malgré le fait que mon père soit enterré dans son pays, dont il a su comme personne peindre toute la beauté.

Alors je me demande ce qu’il va bien falloir dire ou faire pour avoir justice, pour que les coupables de lettres de menaces de mort, de vols, de dégradations, de squat, soient arrêtés et jugés.

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