Le 4 janvier 1984, les émeutes du pain faisaient plier Bourguiba

Les émeutes du pain rappellent beaucoup ce qui s’est passé le 14 janvier 2011. Ces événements gravissimes dans l’Histoire de la Tunisie ont débuté le 29 décembre 1983, dans le sud du pays pour atteindre la capitale le 4 janvier 1984 avec l’explosion sociale que l’on connaît.

Le 29 décembre 1983, le gouvernement du Premier ministre, Mohamed Mzali, réduit les subventions sur les produits céréaliers. Le prix de la semoule augmente de 70%. Le sac de farine passe, ainsi, de 10 à 17 dinars. A titre d’exemple la baguette passe de 50 à 110 millimes.

Suite à cette décision, des émeutes éclatent dans la plupart des régions du pays. Lundi 2 janvier 1984, une réunion de la plus haute instance politique du pays, une autre entre les membres du gouvernement et du bureau politique du PSD (Parti socialiste destourien), se tiennent.

Mardi 3 janvier 1984, c’est l’escalade. Les émeutes atteignent leur paroxysme. C’est l’embrasement dans plusieurs quartiers de la capitale. L’Etat d’urgence et le couvre-feu sont décrétés.

Le directeur de la Sûreté nationale, Mohamed Bennour, suggère et insiste sur l’intérêt d’un retour au prix antérieur du pain et de reconsidérer les mesures prises concernant la suppression de la compensation des céréales. Pour le Premier ministre, Mohamed Mzali, « il n’est pas question que le gouvernement recule. Il se déclare, toutefois, prêt à augmenter l’enveloppe compensatoire destinée aux salariés et aux ouvriers ».

Mercredi 4 janvier 1984, Un conseil des ministres se tient à La Kasbah au cours duquel les ministres de la Défense et de l’Intérieur, respectivement Slaheddine Bali et Driss Guiga, font un exposé sur la situation dans le pays. Certains membres du gouvernement sont pour le maintien de l’augmentation des prix des produits céréaliers, d’autres se déclarent en faveur de la suspension de cette mesure.

Jeudi 5 janvier 1984, le ministre de l’Intérieur Driss Guiga déclare le temps venu de reconnaitre l’erreur du gouvernement dans la gestion de la crise. Il se dit prêt à quitter le gouvernement dès la fin de crise, selon des médias parus en janvier 1984. Le soir même, la télévision diffuse un communiqué annonçant une allocution du chef de l’Etat pour le lendemain à 10h00.

Vendredi 6 janvier 1984, le président Habib Bourguiba décide la suspension totale des mesures d’augmentation du prix du pain. S’ensuit une liesse populaire à travers tout le pays.

Lundi 9 janvier 1984, retour au calme. Mais, le bilan des morts et des blessés est lourd (92 morts, selon la LTDH).

Mercredi 11 janvier 1984, annonce de la constitution d’une commission d’enquête lors d’un conseil des ministres. Elle est composée de trois fonctionnaires sous la présidence du Procureur général de la République auprès de la Cour de cassation.

Le 16 février 1984, la LTDH annonce la constitution d’une commission d’enquête interne pour délimiter les responsabilités. La commission est ouverte aux associations professionnelles, aux médecins, aux juristes, aux journalistes, etc.

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