Le « choix » de Nessma pour couvrir la cérémonie du quartet crée la polémique

C’est Nessma TV qui a assuré la couverture télévisée exclusive de la cérémonie organisée en l’honneur du Quartet, prix Nobel de la paix, au palais de Carthage. Ce qui a causé une levée de boucliers générale.

D’abord, celui de la télévision nationale qui considère que la présidence fait tout bonnement du favoritisme, en choisissant une chaîne privée alors que de tels évènements doivent être couverts d’abord par les médias publics.

Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT)Le SNJT (Syndicat national des journalistes tunisiens) a tout aussi mal pris la chose puisqu’il a tout simplement décidé de boycotter la cérémonie, considérant l’attitude présidentielle irrespectueuse envers les journalistes qui ont joué un rôle important dans le dialogue national.

Pour le syndicat, le fait d’avoir choisi Nessma TV, considérée partisane avec la présidence de la république, est une manière de sanctionner la télévision publique parce qu’elle ne serait pas assez pro-gouvernementale.

Dans sa déclaration, il n’y va d’ailleurs pas avec le dos de la cuillère, dénonçant carrément

«une ingérence du politique dans le secteur de l’information et une faveur accordée par le président de la République à une chaîne TV qui l’avait soutenue en période de campagne»

et accuse Béji Caïd Essebssi de vouloir rétablir la propagande.

Il a d’ailleurs décidé de porter plainte contre le président de la République pour abus de pouvoir et conflit d’intérêts.

la LTDH (Ligue tunisienne de défense des droits de l’Homme) a clairement affiché son soutien au SNJT qualifiant ce choix présidentiel de

« favoritisme non justifié et d’atteinte au droit d’accès à l’information »

haicaLa HAICA (Haute Autorité Indépendante de la communication audiovisuelle) n’est pas en reste dans ce mouvement d’indignation. Elle a déclaré dans un communiqué que le fait d’avoir accordé l’exclusivité de la couverture en direct de la cérémonie est

«une violation des principes de la transparence et de la concurrence loyale entre les différents médias audiovisuels».

Elle juge que les médias publics ont été marginalisés et qu’il y a clairement une interférence du politique dans le travail médiatique puisque Nessma TV n’a jamais caché sa sympathie pour Nidaa Tounes.

Face à cette vague de colère, la présidence de la République se défend comme elle peut. Elle a commencé par démentir via un communiqué publié hier, lundi 9 novembre, avoir accordé l’exclusivité à Nessma TV et a assuré que tous les médias, publics et privés, avaient été invités à la cérémonie et qu’il n’y avait aucun favoritisme, le chef de l’Etat étant attaché au respect de la liberté de la presse et de l’information, garantie par la Constitution tunisienne.

Le choix de Nessma aurait été fait uniquement dans le but d’utiliser les moyens logistiques et techniques de la chaîne.

S.B

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