Quand la radio tunisienne parle la langue de Goethe

Inès Mohdhi Oueslati
Inès Mohdhi Oueslati

On dira ce qu’on voudra de la radio publique, elle n’en demeurera pas moins la seule dans le paysage audiovisuel tunisien à proposer à ses auditeurs des programmes dans plusieurs langues.

En ce sens, la chaine internationale est probablement, jusqu’à preuve du contraire, la seule radio arabe et peut-être méditerranéenne à émettre en cinq langues différentes.

Seule la radio publique parle en cinq langues

En effet, essentiellement francophone, RTCI s’est également, et depuis longtemps, ouverte à l’italien, l’anglais, l’allemand et l’espagnol.

A défaut d’évoquer tous ces programmes et leurs animateurs, nous focaliserons ce billet sur le programme en langue allemande pour dire toute notre appréciation du travail accompli par un quatuor d’animateurs qui est l’un des carrés d’as de la chaine internationale. Un véritable Quartette de promotion de la langue de Goethe, pour rester dans le sillage d’honneur de l’actualité.

Avec la précision d’un Khaled Limam, la fluidité d’une Inès Mohdhi Oueslati, l’entrain d’un Moncef Labiadh et la constance d’une Olfa Khemiri, le programme en langue allemande de RTCI a de qui tenir !

Non content de rendre quotidiennement hommage à l’inextricable grammaire allemande (« Grammatik ist hoch und heiligen », disent les Allemands pour signifier l’importance du bien-parler), notre quatuor d’animateurs rend compte aussi bien des réalités tunisiennes que de la présence allemande en Tunisie.

Matérialisée par de nombreuses instances de coopération, des fondations politiques très actives et une communauté dynamique, la présence allemande est souvent soulignée et mise en valeur par les programmes de notre radio publique.

C’est aussi le cas des nombreux responsables allemands de passage qui, ministres, artistes et investisseurs s’expriment régulièrement sur les ondes de RTCI.

La belle performance de Inès Mohdhi Oueslati

Cet hommage du cœur à des collègues de la radio s’est impose à moi pour une raison très précise, un régal radiophonique, une leçon comme j’adore en prendre et qui me fut administrée par l’excellente Inès Mohdhi Oueslati le jour de l’Aid.

Alors que tout un pays faisait bombance, toutes les radios travaillaient et diffusaient des programmes associés à la célébration de l’Aid. Ce jour là, le programme en langue allemande de RTCI nous avait fait la totale.

En moins d’une heure, une quinzaine de personnalités des communautés allemande et autrichienne ainsi que des Tunisiens germanophones se sont exprimés au micro de Inès Mohdhi Oueslati pour souhaiter – en allemand – un bon Aid à la Tunisie. Parmi eux, Andreas Reinicke, ambassadeur d’Allemagne ou Gerhard Weinberger, ambassadeur d’Autriche.

Respect et reconnaissance de l’effort sous toutes ses formes

Une superbe performance radio vous dis-je ! Sobre et efficace aussi… Du travail à l’allemande dirait la vox populi. Bravo à l’animatrice qui a enchainé tous ces entretiens et merci à notre chaine internationale qui demeure l’unique forum polyglotte, en dehors de l’université.

Des fois, souvent, je salue d’un coup de chapeau mes collègues de la radio ou de la presse écrite et, comme la performance de Inès Mohdhi Oueslati est passée quelque peu inaperçue, je désirais vous en rendre compte tout en saluant un quatuor qui fait les beaux jours de la langue de Goethe sur la radio publique.

Copinage ? Non, respect, respect têtu et reconnaissance à celles et ceux qui sont du côté de l’effort et du travail bien fait !

C’est bel et bien une question de culture, de choix entre le respect et la connivence, l’occultation et la reconnaissance… Salut collègues, c’est avec un cœur ardent que je vous salue…

Hatem Bourial

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