Béji Caid Essebsi : « Le projet de réconciliation économique n’est pas une opération de bienfaisance »

BCE - Nessma 22 sepLe président de la République, Beji Caid Essebsi a été interviewé, ce soir sur Nessma TV pour réagir sur de nombreux points d’actualité. Interviewé par Borhene Bessaies durant un peu plus d’une heure et demi, le président a touché à tous les sujets.

L’interview a débuté avec la signature, ce mardi 22 septembre, de l’accord sur les augmentations salariales dans le secteur public. Béji Caid Essebsi a indiqué que cette signature marque le début d’une nouvelle étape.

[quote_box_center]Aujourd’hui nous avons un nouvel Etat, une IIème République, une Constitution, un président et une Assemblée élus, nous disposons ainsi de nouvelles bases pour exercer la démocratie. Cela demande du temps, mais on y arrivera. On s’est tous mis d’accord pour atteindre la paix sociale et je suis convaincu que les grèves vont s’estomper mais il faut d’abord se remettre au travail parce que l’économie est bloquée.[/quote_box_center]

« La signature de ces accords qui courent jusqu’à fin 2017 n’ont été possibles qu’après l’immense effort financier fait par l’Etat« , a-t-il précisé, ajoutant que pour le secteur privé, les accords seront signés avant la fin du mois de septembre.

Réconciliation économique : « Ce n’est pas une opération de bienfaisance »

Le président de la République n’a pas manqué l’occasion de s’expliquer à propos du projet de loi sur la réconciliation économique initié par la Présidence de la République. Sûr de lui, il signifié que ce projet est désormais lancé et qu’il ne peut plus le modifier, mais que les députés peuvent le faire voire le rejeter, mais c’est à eux de le faire.

[quote_box_center] »Avant de me lancer dans cette entreprise, j’ai consulté les plus grands experts en droit constitutionnel, Sadok Belaid, Iyadh Ben Achour, Amine Mahfoudh et Ghazi Ghrairi. Et ils m’ont tous certifié que ce projet n’est pas en contradiction avec la Constitution ou avec la justice transitionnelle et les respecte », a-t-il lancé.[/quote_box_center]

« On a proposé ce projet parce que la situation économique est catastrophique. Notre croissance se situe entre 0 et 1 et notre endettement dépasse les 52%. Les investisseurs ne veulent plus venir en Tunisie parce que le climat d’investissement est mauvais », a signalé Béji Caid Essebsi.

[quote_box_center]L’administration fait un blocage et entrave le climat. Nous avons en effet, 10.000 cadres de l’administration qui ont peur d’éventuelles poursuites. Ce sont surtout eux qui sont concernés par la réconciliation. La deuxième catégorie, ce sont les personnes qui ont bénéficié d’avantages d’une façon illicite. Ils n’ont pas à avoir peur, mais ceux qui ont pris de l’argent dans les caisses de l’Etat doivent le rendre avec une majoration de 5% / an. Eux, comme certains hommes d’affaires sont concernés mais c’est à nos conditions.[/quote_box_center]

[quote_box_center] »Ce n’est pas une opération de bienfaisance de notre part. On va demander que l’argent volé soit rendu sinon on ira devant les tribunaux », a averti le président.[/quote_box_center]

Etat d’urgence : « Le 12 septembre, il y a avait réellement des menaces terroristes »

Abordant la polémique qui a tourné autour de la manifestation du 12 septembre contre le projet de loi sur la réconciliation économique, Béji Caid Essebsi a affirmé qu’un millier de sécuritaires avaient été déployés sur l’avenue Bourguiba.

[quote_box_center]Pour ceux qui ont pris l’état d’urgence à la légère, je veux dire qu’une partie de ces sécuritaires présents ce jour-là, ont du être transférés depuis d’autres sites. C’est un gros risque qu’on a pris. Le ministère de l’Intérieur n’avait pas donné d’autorisation pour manifester mais nous les avons laissés manifester alors qu’on a accusé le MI de mentir sur les menaces terroristes planant sur l’avenue… Je l’affirme, il y a avait réellement des menaces.[/quote_box_center]

Changements structurels au ministère de l’Intérieur

Concernant l’attentat de Sousse, Béji Caid Essebsi a relevé les critiques et reproches faits à la Tunisie face à la lenteur de l’enquête, mais il a surtout annoncé qu’il allait  y avoir des changements structurels au sein du MI. « Je ne peux pas vous en dire plus… », a-t-il dit, ajoutant que les Etats-Unis aident beaucoup a Tunisie dans la lutte antiterroriste.

Habib Essid, le meilleur choix possible

« Dans le contexte actuel, c’est le meilleur choix, d’après moi. il est en train de mener la barque de la Tunisie malgré les vagues qui viennent se fracasser »

La Libye

Il a également abordé le cas de la Libye en disant que pour l’heure, on ne peut pas s’attendre à un accord venant de Libye puisque les parties ne se supportent pas. « Dire qu’un accord est proche, c’est exagéré… Pour le moment il n’y a pas d’État en Libye et même l’État reconnu sur le plan international, n’a pas de poids. En ce qui nous concerne, notre souci ce sont nos frontières« .

M.C.

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