Tunisie : Absence de volonté politique flagrante concernant les droits de la femme

femmes tunisiennes6Sisyphe poussait chaque matin, à mains nues, un énorme rocher, jusqu’au sommet de la montagne. Inévitablement, chaque soir, le rocher dégringolait tout en bas et Sisyphe devait recommencer le lendemain, et le jour d’après et encore celui d’après, pendant toute l’éternité.

Les militantes tunisiennes pour les droits des femmes vivent la même chose. Chaque année, on leur fait miroiter des changements pour le fameux 13 août, journée de la femme et chaque 14 août au matin, les femmes se retrouvent au bas de la montagne avec le même rocher à pousser encore et encore.

Lors d’une conférence où la société civile côté féminin s’est retrouvée pour faire le point, les responsables des diverses associations en sont ressorties avec un constat plutôt amer.

Saloua Kannou, présidente de l’AFTURD (Association des femmes tunisiennes pour la recherche sur le développement), revient encore et encore sur la nécessité de réviser le sacro-saint code du statut personnel (CSP) qui reste obstinément rétrograde.

« Le principe de la parité n’a pas été mis en vigueur à cause de l’absence de volonté politique qui a évité de prendre des mesures au profit de la femme le 13 août dernier. »

Même son de cloche du côté de l’ATFD (Association tunisienne des femmes démocrates). Saida Rached, présidente de l’association, rappelle que la criminalisation de la violence et de la discrimination à l’égard de la femme n’est toujours pas en vigueur alors que c’est écrit noir sur blanc dans la constitution.

Les articles 21 et 46 qui stipulent la promotion de la représentativité des femmes dans les postes de prise de décisions au sein des structures de l’État sont également totalement ignorés. De même que l’article 43 qui stipule la représentation des femmes dans les instances constitutionnelles, régionales et municipales.

Sisyphe avait été puni par les dieux. Qui punit la femme tunisienne?

 

 

 

 

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