Assassinat de Mohamed Brahmi : Toujani et Ben Amor, deux sécuritaires accusés de crime terroriste

Mohamed Brahmi

Wahid Toujani et Mustapha Ben Amor, deux responsables sécuritaires, ont été officiellement accusés de crime terroriste et d’implication dans l’assassinat de Mohamed Brahmi. C’est ce qu’a annoncé Maître Amor Saadaoui, membre du comité de défense du martyr Mohamed Brahmi, ce mardi 4 août, sur Mosaique FM.

[quote_box_center]Le juge d’instruction relevant du tribunal de première instance de Tunis a accusé officiellement les deux dirigeants sécuritaires Wahid Toujani et Mustapha Ben Amor de crime terroriste, et d’implication dans l’assassinat de Mohamed Brahmi.[/quote_box_center]

L’alerte « cachée » de la CIA

Document-CIA-Crédit-photo-OchlocratieCes accusations sont en rapport avec l’alerte « cachée » de la CIA envoyée au ministère de l’Intérieur. Dans le traitement de cette affaire, c’est Taieb Laguili, membre de l’initiative nationale en charge de faire la lumière sur les assassinats de Chokri Belaid et Mohamed Brahmi, qui révélait, en septembre 2014, l’existence d’un document du ministère de l’Intérieur prouvant que les autorités tunisiennes ont été informées par des rapports de la CIA sur des menaces d’assassinat contre Mohamed Brahmi, le 14 juillet, soit onze jours avant le drame.

Le ministre de l’Intérieur finit par reconnaître son erreur, le 12 septembre. Cependant, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Lotfi Ben Jeddou avait affirmé n’avoir pas été mis au courant de l’existence de ce document interne.

Le document de la CIA prouvait que la direction générale de la sûreté publique avait bien été avertie dès le 14 juillet des menaces pesant sur Mohamed Brahmi et sur la planification d’un assassinat par des éléments salafistes.

Faute grave et complicité

Selon lui, un document parvenu au ministère de l’intérieur, envoyé par le service des renseignements américain annonçant une menace de mort à l’encontre de Mohamed Brahmi, a été écarté et non vérifié par les services concernés au sein de l’institution sécuritaire tunisienne.

Selon Maître Amor Saadaoui, ceci est considéré en tant que faute grave et complicité, puisque aucune investigation n’a été faite et que suite à ça, un assassinat a bel et bien eu lieu.

Rappelons que trois accusés dans l’affaire de l’assassinat de Mohamed Brahmi ont été traduits, au mois d’avril dernier, devant la chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis.

Les trois suspects,  Ghassen Ben Mabrouk Bouomrine, Achref Zemni et Aymen Tlili, sont accusés d’avoir participé à héberger, cacher et assurer la fuite de l’un des principaux accusés dans l’affaire, à savoir Ahmed Malki, plus connu sous le nom de Soumali.

Plus précisément, Ghassen Bouomrine a reconnu, au cours de son interrogatoire, avoir assuré à bord de son propre véhicule, la fuite de Ahmed Malki de son domicile à El Ghazela vers la région de Raoued où Achref Zemni leur a fourni les clés du domicile d’Aymen Tlili. C’est là où Ahmed Malki s’était caché.

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