Formation par la GIZ et PASRI pour 20 Tunisiens à la création d’entreprises

Chercheurs Tunisie

 

L’Union européenne encourage la création d’entreprises à partir des résultats de la recherche scientifique en Tunisie, en finançant le Programme d’appui au système de recherche et de l’innovation (PASRI), mis en place par l’agence de coopération allemande au développement (GIZ).

Formation assurée par des experts tunisiens et étrangers

Une formation à la création d’entreprises basées sur les résultats de la recherche, un système qu’on appelle également « essaimage scientifique », est donc prévue en octobre prochain pour 20 Tunisiens, agents de transferts de technologie. Elle sera assurée par « des experts tunisiens et étrangers », indique un communiqué de la GIZ.

Il s’agira notamment d’expliquer les différentes étapes pour créer une entreprise à partir des résultats de la recherche (par exemple comment mettre en place un business plan) et de présenter les différents mécanismes de soutien, notamment financiers, disponibles en Tunisie.

Un coaching individuel sera également mis à disposition de ceux qui le souhaitent à la fin de la formation.

Des mécanismes permettant aux chercheurs de passer du public au privé

Depuis 1992, des programmes existent en Tunisie pour permettre de « valoriser économiquement les résultats de la recherche scientifique », indique le communiqué, qui précise également qu’il existe depuis 2002 un régime de « mobilité des chercheurs » permettant à ces derniers d’être détachés du secteur public pour créer leur propre entreprise ou être embauchés dans une entreprise déjà existante.

La GIZ juge pourtant ces mécanismes insuffisants, et appelle à « simplifier le cadre juridique de l’essaimage » pour « relever le défi de la création d’entreprises à haute valeur ajoutée et de l’emploi qualifié en Tunisie ».

Encourager la « commercialisation des connaissances »

Le communiqué ajoute que, si la Tunisie est le pays du Maghreb qui produit le plus grand nombre de publications scientifiques, « leur contribution au développement socio-économique se fait toujours attendre », regrettant la « quasi-impossibilité » pour les entreprises « d’exploiter les inventions et découvertes réalisées par les chercheurs ».

Outre une législation jugée inadaptée, la GIZ insiste également sur « la pauvreté des initiatives des chercheurs » dans ce sens, et se désole que « le concept d’essaimage scientifique demeure inconnu voir ignoré par les chercheurs parce que lié à la commercialisation des connaissances, l’incubation des projets et l’évaluation des risques, trois notions étrangères au monde de la recherche publique. »

Début août 2012, un Comité national de réforme de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique a été mis en place en Tunisie. Mais ses travaux ne sont pas encore terminés, et les consultations avec les acteurs concernés sont toujours en cours.


 

Mise à jour (17h30) : Suite à la publication de cet article, Fatma M’Selmi, experte de la GIZ au Programme d’appui à l’entrepreunariat et à l’innovation, nous a envoyé par écrit des « clarifications » que nous publions ci-dessous :

« Le but : n’est pas de former des chercheurs qui pourraient ne pas avoir le temps, à côté de leurs laboratoires et travaux de recherche, mais plutôt des cadres qui ont une expérience ou un profil de mise en relation entre institution de recherche et industriel.

La cible : est par conséquence, constituée par des cadres qui opèrent dans une cellule valorisation des résultats de recherche, des bureaux de transfert technologique, des centres techniques, technopôles, à l’INNORPI ou à l’APII ou des consultants privés se spécialisant dans le transfert de technologie. « 

Commentaires: