Elections : Le temps de parole des politiciens compté par la HAICA dans les médias

haicaELECTIONS | D’après Riadh Ferjani, membre de la Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle (HAICA),  une « unité de monitoring électorale des médias » a été mise en place avant les prochaines élections pour veiller au respect de la répartition du temps de parole donné aux personnalités politiques dans les médias audio-visuels.

 

Composition de l’unité de monitoring électorale des médias

Le temps de parole des politiciens sera compté par la HAICA dans les médias grâce à une unité de monitoring. Composée de 18 personnes, l’équipe a été recrutée depuis janvier dernier. Elle  a commencé, depuis dimanche 6 juillet, à utiliser des compteurs reliés à des logiciels. Son travail s’étendra jusqu’à la période de silence électoral (du 25 au 26 octobre 2014). 

Pendant la pré-campagne, soit du 6 juillet au 3 octobre, les médias sont  en effet dans l’obligation, selon la loi, de garantir le pluralisme politique et l’égalité dans l’accès aux médias pour tous les partis et toutes les personnalités politiques sachant que les candidatures aux législatives seront ouvertes du 22 au 29 août 2014. 

Pour la présidentielle, par exemple, tous les candidats doivent avoir un même temps de parole. Pour les législatives, la campagne doit obéir à une égalité pondérée reposant sur un système de quota de présence tel que mentionné dans l’article 9 de l’arrêté du 5 juillet 2014 fixant les règles de la campagne électorale dans les médias.

 «C’est un moyen d’assurer une couverture professionnelle et garantir l’accès à tous les candidats », assure Riadh Ferjani.

Les chaînes de télévision « étrangères » seront concernées par cette unité

Quant au  chaînes de télévision étrangères, comme Ettounissia TV ou Al Moustakila, M. Ferjani nous a affirmé que «  la loi électorale s’appliquera à tous les diffuseurs, que ce soit, aux médias en Tunisie,  chaînes étrangères, agences, ou aux sociétés de production basées en Tunisie mais travaillant pour une chaîne étrangère. Toutefois, notre domaine de compétence, à la Haica, reste limité aux opérateurs audio-visuels », a-t-il précisé.

 

La HAICA et l’ISIE veilleront au respect de la couverture médiatique de la campagne électorale 

Riadh FerjaniLa HAICA a publié un arrêté élaboré et signé conjointement avec l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE). Un texte qui fixe les règles du jeu ou plutôt qui fixe les procédures de la couverture médiatique de la campagne électorale.

Bientôt un arrêté pour la presse écrite et électronique  M. Riadh Ferjani, membre de la HAICA, a bien voulu nous aiguiller en ce qui concerne ces mesures.

«D’abord, l’intention n’est pas de contrôler mais d’accompagner notamment les médias audiovisuels sachant qu’il y aura un autre arrêté concocté par l’ISIE qui concernera plus particulièrement les presses écrite et électronique».

«Concrètement, il s’agira de familiariser les rédacteurs en chef et responsables éditoriaux avec le code électoral en matière d’élections législatives. Pour cela, il existe un instrument de mesure du pluralisme dans le cadre de l’équité. Un instrument qui diffère selon l’élection », explique M. Ferjani.

Comme le souligne M. Ferjani, il s’agira surtout pour la HAICA d’accompagner les médias audiovisuels dans leur démarche, mais ces derniers devront toutefois respecter le texte fixant les règles et procédures de la couverture médiatique de la campagne électorale.

Un rapport périodique et des mesures disciplinaires pour faire respecter le principe d’équité 

La HAICA s’assurera, par ailleurs, auprès des médias, du respect du principe d’équité et préparera un rapport périodique à ce sujet qui sera ensuite rendu public. En cas de dépassement, elle adressera un avertissement au média concerné. A noter que le décret-loi 116 de 2011 et la loi électorale s’appliquent aux contrevenants.

L’expérience des élections de 2011 promet le pluralisme médiatique pour celle de 2014

Si la HAICA se tient prête et prévoit de prendre toutes les mesures disciplinaires prévues par la loi contre les médias qui ne respectent pas les dispositions de la loi électorale, le décret-loi 115 et le texte conjoint ISIE-HAICA, M. Riadh Ferjani se déclare, toutefois, optimiste.

«Au cours de notre dernière conférence de presse, j’ai été agréablement surpris par les questions adressées à la HAICA, souligne-t-il. Des questions pointues qui dénotent le degré de maturité de nos journalistes. Car il y a eu une expérience de 2011 et les rédactions ont utilisé ce capital, cet acquis. Je reste donc optimiste et convaincu que le pluralisme sera applicable légalement et d’une manière graduelle ».

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