Après sa scandaleuse déclaration sur la femme, Gassas dans le collimateur de ses collègues

GassasCe qu’il conviendrait d’appeler « l’affaire Brahim Gassas » auteur d’une intervention moyenâgeuse sur le statut de la femme, rétrograde et indigne d’un élu des citoyens dans une Assemblée nationale constituante (ANC) qui ne cesse de « briller » par décalage par rapport à la société tunisienne.

Pour dire vrai, ce qu’a dit Gassas lors de son « discours » sur la femme ne diffère pas beaucoup, du moins dans son sens, de plusieurs autres déclarations publiques distillées par les nouveaux illuminés qui se sont multipliés sur la scène politique et médiatique, et qui ne cessent de développer des idées complètement obsolètes sur la femme et son statut dans la société. Ceux qui évoquent la polygamie ou ceux qui souhaitent cloîtrer les femmes dans leurs foyers ne sont, en réalité, que des frères siamois partageant les mêmes opinions sur ce sujet.

Mais, lorsque ce type de discours émane d’un élu en pleine assemblée alors que l’on évoquait une disposition pour consacrer la parité entre hommes et femmes, il prend une toute autre proportion. Cet abus de langage, qui révèle le niveau intellectuel de son auteur, n’a pas provoqué, paradoxalement, la réaction de la présidente de l’Assemblée, Mme Meherzia Labidi, qui aurait pu intervenir pour appeler l’intervenant à faire preuve de plus de respect envers les femmes.

Certes, un élu reste libre d’exprimer ses opinions au sein de l’hémicycle, mais lorsque son discours tourne carrément à la mascarade, le président de la séance aurait pu lui soutirer la parole. Ceci sans oublier que le Gassas a tenté d’agresser ses collègues, et sans l’intervention de tiers, cela aurait pu tourner au pugilat, ce qui a amené Meherzia Labidi à suspendre les travaux de l’ANC pendant cinq minutes afin de rétablir l’ordre.

En tous les cas, cette intervention n’a pas laissé insensible les autres élus, du moins plusieurs parmi eux, qui ont réagi exprimant leur détermination à l’encontre de Brahim Gassas. En effet, et par la bouche de Mme Rim Mahjoub, elle-même élue, qui a affirmé qu’elle « ne pouvait pas se permettre de siéger dans une assemblée dans laquelle se trouverait Brahim Gassas » avant de poursuivre que des élus vont intenter une action judiciaire contre lui et demander l’application du règlement intérieur de l’ANC afin de l’en exclure. Dans le cas contraire, c’est-à-dire dans le cas ou aucune disposition ne sera prise à son encontre, ils envisagent de se retirer de l’ANC.

Il faut préciser que le règlement intérieur de l’ANC souligne dans son article 100 que le bureau de l’ANC peut sur proposition du président de la séance priver un élu de prendre la parole, au maximum, pour trois séances successives.

Autrement dit, Brahim Gassas ne pourrait être exclu de l’ANC que dans le cas où son immunité sera levée par la justice si l’affaire en justice envisagée aboutisse à des poursuites et à une convocation de la part du juge, et dans le cas où elle sera votée par la commission compétente.

Bref, le chemin est encore loin avant de voir Gassas quitter une ANC de plus en plus en mal de crédibilité aux yeux d’une opinion publique échaudée par ses excès…

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