La vérité Monsieur Dilou ? En voilà la preuve… par votre bilan

Samir DilouEn homme de loi qui se respecte, Samir Dilou ne devrait pas en principe raisonner en dehors d’un principe juridique de base bien établi, à savoir que, l’évocation d’un droit ou l’établissement d’un quelconque préjudice est nécessairement conditionné à un exercice impératif d’opposition, celui de confronter les éléments de preuve aux incriminés.
Monsieur Dilou dont la recherche de la vérité semble être l’obsession de tous les instants ne se prive pas, pour sa part, de bien la dissimuler cette louable et non moins légitime quête quand il s’agit de sa propre personne ou encore de son bilan à la tête du ministère des Droits de l’homme et de la justice transitionnelle.

Affectionnant l’adage selon lequel la meilleure défense est l’attaque, il ne rechigne pas à sortir le grand jeu et l’artillerie lourde en matière de désinformation où tout y passe : Diversion, occultation des faits majeurs pour ne pointer de son doigt que des questions de menus détails, etc…
Bref, tel un boxeur acculé aux cordes, le sieur Dilou dès qu’il se sent en danger use et abuse de la panoplie de ficelles classiques puisées, jusqu’à la corde (c’est le cas de le dire) dans le monde du pugilat, adresser des coups bas sous la ceinture, agripper l’adversaire de manière à l’empêcher de riposter ou contre-attaquer et bien d’autres moyens de bas étage dont le seul objectif est d’éviter un combat « à la loyale ».

Poussé dans ses derniers retranchements, le sieur Dilou a tendance à oublier, systématiquement, son droit, les règles de courtoisies les plus élémentaires en politique et s’en va ainsi « boxer » sans aucun respect des règles de ce noble art, de ses adversaires, des arbitres, les renvoyant dos à dos et les accusant tout à tour de tout, bien-sûr, sans en administrer la moindre preuve.
Certes, Taieb Laguili, lors de la conférence de presse de L’IRVA, s’est trompé sur la photo où Dilou était censé être en compagnie d’Abdelhakim Belhaj alors que ce n’était pas le cas. Mais force est de reconnaitre qu’il lui serait très difficile de démentir tous les autres faits avérés, preuves à l’appui, rapportés dans cette conférence et dont le plus insignifiant, sur l’échelle de gravité, constitue à lui tout seul un mini-séisme politique en soi.

En effet, le sieur Dilou élude l’essentiel pour se braquer sur l’accessoire, il mélange les serviettes avec les torchons. Le propos n’est pas lié à sa présence ou non mais à la connivence entre son parti et Abdelhakim Belhaj. Autrement dit, si le ministère de l’Intérieur a officiellement taxé ce dernier de terroriste, ourdissant des attaques criminelles sur le sol tunisien, comment se fait-il que les pontes d’Ennahdha, parti au pouvoir pour rappel, s’affichent avec lui.
Voilà, la principale et non moins grave question. Après tout, Abdelhakim Belhaj a collectionné les rencontres, immortalisées par des photos, avec les leaders nahdhaouis, une rencontre de plus ou de moins, avec Samir Dilou ou autre grande figure, n’enlève rien à la pertinence de la question centrale susmentionnée ni à la courte vue du ministère des Droits de l’homme et de la justice transitionnelle. Jouer l’amalgame n’est le privilège que des médiocres.

Enfin, pour ce qui est de la question de la vérité, monsieur Dilou paraît être le moins placé pour en parler et surtout pas pour s’ériger en donneur de leçons en la matière. En effet, pourrait t-il contester qu’il fut le ministre de la « couverture » et de la « dissimulation » des violations de droits de l’homme ?… En effet, il suffit, pour s’en rendre compte, d’admirer le tableau de chasse et de prestation du super ministre des droits de l’homme dans ce domaine, jugez en donc par vous-même : Répression sanglante des manifestants du 9 avril, usage de la chevrotine contre les sit-inneurs de Siliana, incarcération en masse d’homme de lettres, d’art et de média pour délit d’opinion, le procès Yamina, l’enfer de Jabeur Mejri pour avoir déclaré son athéisme sur sa page Facebook, détention illégale de Sami Fehri, la mâchoire éclatée d’un jeune par un policier lui posant l’arme automatique sur sa joue sans motif apparent, la fille victime d’une tournante par des policiers, la galère noire et déshonorante des blessés de la révolution relégués au second rang dans l’ordre des priorités du gouvernement au profit des anciens prisonniers politiques en majorité nahdhaouis, le policier torturé jusqu’à ce que mort s’ensuive dans un des commissariats du grand Tunis, le député Noomane Fehri à qui on a failli briser la nuque, sans compter, et non des moindres, l’assassinat politique de Chokri Belaid et de Mohamed Brahmi dont les meurtriers cavalent encore en pleine nature, sans que le Tsar national des droits de l’homme ne s’en émeuve outre mesure,… etc .

Cher Maître et cher défenseur du citoyen, votre bilan parle pour vous, il restitue votre vision, votre projet et votre action. Il crie une vérité implacable et sans appel, à savoir que vos êtes le moulin à vent d’une majorité se voulant le parangon de la vertu, dépositaire de la foi, objecteur de conscience, redresseur de tort et titulaire de la vérité quand votre action n’est qu’une insulte aux principes que vous feignez défendre. Votre action est absolument à l’opposé de ce droit de justice et de partialité que vous vous entêtez à afficher sans convaincre et à brailler sans le faire entendre.
En conclusion, le sieur Dilou n’est qu’un sac de paradoxes ambulant.

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