Affaire Palm Beach Djerba – Dear Frenchies… des cafards, y’en a aussi au Fouquet’s

Palm BeachUn groupe de touristes français déçus par les prestations d’un hôtel tunisien situé dans la zone touristique de Djerba viennent à coup de reportage télé et de surcroît sur des chaines de grande audience… de massacrer l’image du tourisme tunisien. Une image réduite à une masse de motels pourris ou quelque chose qui y apparente.

Ce groupe de touristes forts d’une poignée d’euros croyaient peut-être qu’avec avec leurs 99 euros tout compris (voyage, séjour, transport, etc.) ils pouvaient s’offrir le luxe d’un Ritz ou encore celui du Président Wilson de Genève.

Déçus du rapport qualité-prix ou encore qu’on ne leur ait pas servi champagne et caviar à volonté matin et soir, ils se sont mis à la recherche du moindre cafard égaré ici ou là, de la moindre mouche étourdie par la canicule faisant un atterrissage forcé sur une assiette, de la plus petite éraflure sur un mur, de l’ampoule d’une lampe de chevet qui rend l’âme pour cause d’usure.

Bien entendu, il n’est nullement dans mes intentions de justifier ces manquements aux devoirs des hôteliers en matière d’hygiène ou de qualité de service mais pareils désagréments peuvent exister partout et même dans les établissements hôteliers les plus luxueux du monde.

Rappelons-nous la surprise des agents de la répression des fraudes françaises en visite au célèbre restaurant parisien le Fouquet’s tombant «nez à nez avec un régiment de blattes de «taille adulte» dans le local à vaisselle et des mouches dans celui où sont entreposées les patates».

En France, premier pays touristique au monde, il existe même un célèbre site de notation répertoriant les hôtels les plus pourris de France et de Navarre, un listing comprenant une centaine d’hôtels pas très à cheval sur les principes d’hygiène et présentant plusieurs éléments d’inconfort.

Alors de grâce messieurs et dames les touristes, vous êtes certes fondés à dire toute votre insatisfaction de votre séjour en Tunisie mais de là à le transformer en thriller du genre « Djerba l’affreuse île aux cafards », c’est pousser le bouchon un peu loin, non ?

Je suis convaincu que de blattes vous en avez croisées une ou deux, qu’un robinet a certainement dû connaitre une petite fuite, qu’un verre a dû être mal essuyé… Mais ce dont je suis aussi sûr, c’est que le personnel travaillant dans l’hôtel n’aurait pas manqué de remédier rapidement à ces désagréments avec tout le professionnalisme qu’on reconnaît aux Tunisiens travaillant dans ce secteur et cela n’a pas été mentionné dans votre reportage dénonçant « l’arnaque du siècle ».

Tout en comprenant votre colère, je ne trouve pas d’explication au caractère démesuré de votre réaction et toute cette campagne médiatique qui s’en est suivie. Certes, dans l’hypothèse où ces manquements s’avèrent fondés, cela mériterait naturellement des sanctions exemplaires mais est-ce pour autant un motif pour jeter le discrédit sur tout le tourisme tunisien ?

Enfin, merci les guetteurs de cafards et les «pourchasseurs» de mouches tombées dans la gargoulette pour votre coup de pub, soyez certains que la prochaine fois où je croiserais ne serait-ce qu’un insecte dans un hôtel du Poitou, je ne manquerais pas de faire une conférence de presse en présence de la CNN ou la BBC, avec démo 3D et tout le tintouin… Brandissant l’insecte incriminé tel un Colin Powell tenant la fiole censée contenir une quelconque arme chimique, je me rependrais en médisances sur le Poitou, ses motels en piteux état, ses ânes qu’on maltraite et qu’on nourrit avec de la farine animale, son Chabichou faussement bio et fabriqué quelque part en Bulgarie par de pauvres paysannes sous-payées… histoire de dégoûter à jamais le monde de venir en Poitou et de réaliser une petite vengeance de la part d’un « tunisouillard » et djerbien de surcroit.

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