Turquie-Syrie : deux poids, deux mesures et zéro éthique

MAEAu début de l’insurrection en Syrie, tout le pays avait été surpris par la vitesse avec laquelle la Tunisie de la Troika avait condamné Assad, allant jusqu’au renvoi de l’ambassadeur syrien sans prendre de gants.

Pour Marzouki, à l’initiative de ce choc diplomatique, il s’agissait alors de montrer la nouvelle éthique tunisienne, tout en s’alignant sur les amis de la Syrie.
Le pouvoir tunisien a continué dans cette position, ne ratant aucune occasion de brocarder le dictateur syrien.

Alors qu’on pensait que la Tunisie initiait une diplomatie plus musclée, il s’avérera ensuite qu’un flou et beaucoup d’alignements coupables présidaient à cette hargne contre la violence des dictatures.

Depuis plus de dix jours, la rue turque grogne et Erdogan prend des accents dénonciateurs qui ressemblent étrangement aux derniers discours de Ben Ali. La répression, la violence policière s’abattent sur les manifestants turcs, accusés de tous les maux.

Que font alors Marzouki et la diplomatie tunisienne ? Ils se taisent pour ne pas gêner un pays ami, ils détournent leur regard pour ne pas voir la répression, ils ne condamnent rien du tout et font mine de rien.

Belle leçon de réalisme qui démontre bien que deux poids et deux mesures ne font pas une éthique. Plus grave, après avoir dégainé trop vite, le pouvoir tunisien est en train de faire marche arrière toute sur la Syrie…

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