La «grande Muette» a parlé

ABDELKRIM ZBIDI- photo (defense.tn)Mr Abdelkrim Zbidi s’est exprimé avant-hier sur Nessma à propos de son éventuelle démissiontout en précisant certaines choses.
Le ministre de la défense a expliqué que la raison majeure de sa démission est l’absence d’une feuille de route claire pour le reste de la période de transition démocratique. Car pour Mr Zbidi, les choses sont floues, et il n’y a aucune volonté affichée pour aller dans le bon sens.
Eprouvée après deux ans d’état d’urgence, d’affaiblissement et de stagnation, l’armée éprouve un réel besoin de réintégrer ses bases pour se ressourcer et se remettre à niveau. Et c’est l’état d’urgence en question qui est le point de litige entre le ministre de la défense et la présidence de la république. Mr Marzouki avait décrété à la fin du mois dernier que l’état d’urgence sera maintenu jusqu’à la fin du mois de juin, chose qui a fortement déplu à Mr Zbidi.

Est-ce la goutte qui a fait déborder le vase ? Nul doute que cela y aura contribué sachant que ce n’est pas la première fois que le ministre de la défense dépose sa démission. Il l’avait déjà fait le lendemain des évènements de l’ambassade des états unis, le 15 septembre dernier. Mr Zbidi, déplorant le fait que le ministère de la défense n’avait été informé de l’attaque de l’ambassade qu’une heure trente après son début.

Se disant « produit fini du système républicain tunisien », Mr Zbidi a aussi tenu à préciser que l’armée assurera les examens de fin d’année et continuera à jouer le rôle qu’elle a toujours joué depuis le début de la révolution en toute impartialité.

C’est la deuxième fois en l’espace de quelque jours que le ministre de la défense demande à intervenir en direct sur un plateau de télévision. Il l’avait déjà fait pour rappeler à l’ordre Mr Hédi Belabbess et lui rappeler que l’armée tunisienne ne recevait d’ordre de personne. Le malaise s’était déjà bel et bien installé.

L’intervention du ministre de la défense d’hier n’est point rassurante, l’armée, républicaine et loyale au seul peuple tunisien a été affaiblie après deux années entières passées en dehors de ses bases, après avoir été malmenée par un Ben Ali qui a tout tenté pour l’affaiblir. Et voilà qu’aujourd’hui, elle devient l’objet d’un jeu politique instrumentalisé par un autre président de la République.

Adnane Mansar, porte-parole de la présidence de la République, a toutefois tenu à démentir, les déclarations du ministre de la défense démissionnaire, indiquant que l’institution militaire a été consultée en ce qui concerne la prolongation de l’état d’urgence, mais que la décision finale revenait aux trois Présidents. On est alors en droit de se demander sur quels critères a reposée cette décision, sachant que cette armée est à bout de souffle ?

Notre armée serait-t-elle en passe de basculer dans les mains du plus grand parti au pouvoir comme l’avait souhaité son chef et guide Rached Ghannouchi ?

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