«Il était une fois une assemblée nationale constituante», ou les balbutiements de la vie démocratique

Assemblée Nationale Constituante (photo - le journalcom)Elle est jeune, intelligente, brillante, belle, passionnée de journalisme, peu connue des médias, et pourtant fine observatrice des rouages du monde politique sur lequel elle pose un regard perspicace, sans concessions. Elle, c’est Nouha Belaïd qui vient de publier à 22 ans, un livre sous le titre «Il était une fois une assemblée nationale constituante», aux éditions Sahar. A travers une approche chronologique, la jeune auteure revient dans cet opus de 300 pages sur une année politique dont l’assemblée nationale constituante est le théâtre.

Préfacé par Abdelkrim Hizaoui, directeur du Centre africain pour la formation des journalistes et des communicateurs, le livre se donne à lire comme une radioscopie des principaux événements qui ont jalonné la vie politique, sociale et culturelle. Le préfacier ne tarit pas d’éloges sur ce travail minutieux dont «l’objectif est d’assurer la documentation sur des mouvements politiques et sociaux pendant une période politique particulière de la Tunisie, à travers une vision jeune qui prouve que le journaliste est l’historien du présent», écrit-il.

Au départ, la journaliste en herbe s’attarde sur le 23 octobre 2011, date mémorable des premières élections libres et démocratiques que la Tunisie n’a jamais connues depuis son indépendance, remportées par le parti islamiste «Ennahdha». Ensuite, tour à tour elle évoque les résultats du scrutin, la manière dont les Tunisiens ont vécue la réception de ce verdict et tente une explication du succès inattendu d’«Al Aridha Echaâbia», focalise sur l’ambiance électrique qui a animé très souvent les débats au sein de la Coupole, tout en signalant la pierre d’achoppement qu’a constituée la question religieuse dans les discussions portant sur l’adoption de la nouvelle Constitution.

Voilà ce qui fait tout l’intérêt de ce premier livre écrit par une plume alerte, révélant par là même une véritable passion pour la chose (res publica) qui a su éviter les travers de la subjectivité et de la vision étriquée des choses. Soucieuse d’objectivité, Nouha Belaïd relève aussi bien les événements positifs que les aspects négatifs de cette première expérience douloureuse de l’apprentissage démocratique que le pays vit depuis le 23 octobre 2011.

Par la pertinence de sa démarche, la fraîcheur du regard et la vivacité de l’esprit qui a suivi pas à pas les balbutiements de la vie démocratique à l’intérieur même de l’Assemblée nationale constituante, ce livre-événement de Nouha Belaïd, qui poursuit par ailleurs un mastère en communication, mérite réellement le détour. Avec «Il était une fois une année à l’assemblée nationale», la jeune auteure met définitivement le pied à l’étrier.

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