Assassinat de Chokri Belaid : le grand dérapage !

Chokri BelaidC’était dans l’air mais personne ne voulait voir la réalité en face, du moins ceux qui nous gouvernent et qui ont fermé les yeux, sciemment, sur les excès et les abus de toutes les formes possibles de violence imposées à la société tunisienne, aux citoyens, à son histoire et à tous les opposants quelque soit leur couleur.

Aujourd’hui, le meurtre politique par excellence, le second ayant suivi la révolution, vient démontrer que le laxisme, le laisser-aller que l’on peut assimiler sans risque d’erreur à de la complicité, sont les voies qui ont ouvert le chemin à tous les extrémistes religieux qu’ils ont envoyé parcourir les quatre coins de la République transmettre leurs discours haineux, rétrogrades et violents à des jeunes désœuvrés gonflés à bloc, armés de slogans manipulateurs et de kalachnikov aussi. Car, ces extrémistes se sont aussi dotés d’armes qui ont pu pénétrer le territoire national à l’instigation de bandes organisées mais tolérées par le parti majoritaire qui partage leurs croyances.

Lorsque tu écoutes un certain Mohamed Abbou déclarer aujourd’hui sur Mosaïque FM que le meurtre de Lotif Nakdh ne peut être comparé à celui de Chokri Belaid, c’est qu’il accepte, d’une certaine manière, les éliminations physiques des opposants, et à laquelle ses partisans ont participé à Tataouine. Ce qu’ignore aujourd’hui Mohamed Abbou, c’est que si les choses continuent d’évoluer dans ce sens, il sera lui aussi, bientôt victime de ceux qu’il protège aujourd’hui. A moins qu’il ne soit, en réalité, un islamiste caché ! Une déclaration scandaleuse d’un individu qui se veut protecteur des droits de l’homme !

Aujourd’hui, cet assassinat politique lâche et cruel peut avoir deux répercussions.
Tout d’abord et en ce qui concerne le gouvernement, il est impératif qu’il parte reconnaissant son échec total dans la gestion des affaires du pays tant sur le plan sécuritaire, qu’économique ou social. Des personnalités politiques ayant la responsabilité de la gestion des affaires de la cité, qui se respectent et qui respectent les citoyens, doivent s’assumer en démissionnant pour laisser la place à un gouvernement d’union nationale réelle fondé sur un consensus global se rapportant à toutes les valeurs de la république et de la société tunisienne que l’on veut jeter dans les ténèbres de l’histoire.

C’est là la première condition pour sauver le pays d’un dérapage incontrôlé.
La seconde est relative à la nécessité de dissoudre les Ligues de Protection de la révolution, et qui ne font, en fait, que protéger Ennahdha. Aujourd’hui encore, Sahbi Attig a déclaré sur France 24 que c’est à la justice de procéder à cette dissolution alors que le pouvoir exécutif dispose, en réalité, du lancement des procédures. Autrement dit, Ennahdha persiste et signe, et elle n’entend guère se passer de ses bras armés !

La troisième condition consiste dans l’union sacrée de toutes les forces vives et démocratiques du pays, la société civile, toutes les associations, les syndicats principalement l’Union Générale des Travailleurs Tunisiens, les organisations estudiantines, les intellectuels, les artistes pour se lever comme un seul homme contre cette tentative d’introduire la peur dans les esprits, de terroriser les opposants et finalement de les éliminer.

Quant à la seconde répercussion, elle est relative à la situation sécuritaire dans le pays. Aujourd’hui, la tentation de vengeance est certainement grande du côté des partisans du défunt. Il est impératif là aussi que les leaders du Front Populaire calment le jeu et leurs jeunes pour éviter la violence incontrôlée ! Les déclarations de Hamma Hammami ont appelé au calme et à l’union de tous les tunisiens pour s’opposer à ce gouffre dans lequel on veut plonger le pays. La réaction du peuple tunisien est aujourd’hui claire. Les manifestations qui sont sortis dans tout le pays témoignent de la volonté des citoyens de préserver la paix civile. Mais, les Islamistes veulent-ils cela !?

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