Habib Ellouz : Abou Yadh est le prolongement d’Al Qaida à la tunisienne !

Habib Ellouz, l’un des hommes forts d’Ennahdha, vient de sceller, peut-être, la rupture entre son parti et les Salafistes radicaux menés par le « fameux » Abou Yadh.

Dans une interview accordée au quotidien « Le Maghreb », et publiée aujourd’hui, il déclare clairement que les Salafistes d’« Ansar Echariaa » sont des salafistes diaboliques avec lesquels ils (les Nahdhaouis) ont des divergences avant de souligner qu’ils les considèrent, en réalité, comme un prolongement d’El Qaida à la tunisienne.

Il a ensuite précisé que la Tunisie est une terre ouverte qui enfante la tolérance prenant pour preuve l’exemple de l’enseignement zeitounien qui demeure spécifique et différent des autres écoles charaiques du point de vue de son approche réaliste, contemporaine et moderniste. C’est pour cela, dit-il, que notre mouvement (Ennahdha) prendra en ligne de compte la réalité politique et sociale. Mais, il faut aussi souligner que Habib Ellouz et les Salafistes ont fait front commun dans leur exigence se rapportant à l’inscription de la Chariaa dans la future constitution comme il l’a indiqué au correspondant du Monde, le 16 mars dernier, devant le siège de l’ANC au plus fort de la controverse sur le sujet en affirmant « Ennahdha est pour la charia, mais on ne s’est encore mis d’accord sur la formule. Il n’y a pas de contradiction entre charia et droits de l’homme, démocratie, liberté, et égalité hommes-femmes. Nous sommes tous sur cette compréhension de la charia et le peuple tunisien restera uni sur ces principes. »

C’était « l’époque » de la lune de miel entre les Salafistes et Ennahdha lorsqu’Habib Ellouz était considéré comme l’un des médiateurs entre les deux camps, reconnaissant d’ailleurs avoir rencontré Abou Yadh en prison, puis dans la rue (?), ou chez un ami commun, et avoir eu avec lui des conversations téléphoniques.

Cependant, il semble que l’affaire de l’ambassade américaine a changé la donne et introduit un semblant de rupture entre les deux parties.

Sur un autre plan et concernant Ennahdha, Habib Ellouz prône une autre forme d’organisation. Il appelle, en effet, à la distinction entre le mouvement islamiste qui doit se contenter d’une activité de diffusion de la culture et des préceptes islamiques à la tête duquel serait placé Rached Ghannouchi, en tant que chef spirituel au dessus des contingences politiques, et un parti politique qui exercera sur la scène strictement politique et qui aurait à sa tête une autre personne dont il a évité de citer le nom, même si dit-il « j’ai un candidat ! »

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