L’interview qui déchaîne les passions

L’interview accordée par Slim Chiboub à la chaîne de télévision Attounissiya TV ne cesse de déchaîner les passions.

Dans un dernier rebondissement, la chaîne Al Hiwar Ettounisi vient d’annoncer sur sa page Facebook qu’elle diffusera l’interview, demain.

Le statut sur la page indique que la chaîne Al Hiwar ne reconnait pas la décision d’interdiction d’une justice aux mains d’un Noureddine Bhiri dont le parti était absent quand les jeunes avaient fait la révolution, et que la chaîne n’admet aucune restriction à la liberté d’expression.

Reste à savoir si la justice se saisira du dossier de nouveau et si Me Fathi Laayouni poursuivra toute chaîne qui se proposera de diffuser l’interview.

Hier soir, dans son émission  »Attassiaa Massaa », Moez Ben Gharbia a invité sur le plateau Maître Fethi Laayouni, avocat qui a déposé la requête au nom du contentieux de l’État, Maître Abdessattar Messoudi, lui aussi avocat, et Monsieur Zied Heni, membre du syndicat national des journalistes.

Sur le plan juridique, Maître Abdessattar Messaoudi s’est interrogé sur le bien-fondé de l’ordonnance du tribunal rendue en quelques heures dans une affaire qui aurait pu être examinée en référé, en présence du représentant du contentieux de l’État et de l’avocat de CACTUS. Il a précisé que l’ordonnance est un acte unilatéral qui ne se justifie qu’en cas de péril en la demeure pour protéger des droits menacés ou repousser un danger imminent.

Maître Fethi Laayouni est, naturellement, d’un avis contraire. Il trouve que la diffusion de l’interview pourrait engendrer des troubles qui peuvent nuire à la sécurité générale et considère que le recours à une ordonnance sur requête est la formalité appropriée pour prévenir les atteintes à l’ordre public.

Pour sa part, Zied Heni estime que la décision du tribunal est, indéniablement, un acte de censure qui représente une nouvelle menace contre la liberté de la presse et que les arguments soulevés pour justifier cette décision sont inacceptables. Il a souligné que le peuple tunisien qui s’est soulevé contre la tyrannie ne peut pas tolérer la remise en cause de cette liberté qui est le seul acquis de la révolution, réalisé jusque-là.

Par ailleurs, le chef du gouvernement Hamadi Jebali a qualifié, hier, la diffusion d’entretiens avec les symboles de l’ancien régime sont des tentatives de normalisation faisant partie d’un plan diabolique très bien étudié, rapporte, ce matin, l’agence TAP.

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