La feuille de route de la Troïka prête : un premier pas vers le consensus…

Pressée de tous les côtés par l’environnement interne et international, la Troïka au pouvoir, a fini par nous pondre un communiqué dans lequel elle se propose de mettre sur la table des négociations des dates pour la tenue des prochaines élections. En effet, c’est la date du 23 juin 2013 qui va être proposée  pour la tenue des élections législatives et présidentielles, avec l’éventualité d’un second tour, pour les présidentielles, prévu deux semaines plus tard, soit le 7 juillet.

On ne peut qu’être surpris par la rapidité avec laquelle les représentants de la Troïka sont parvenus à un accord et le soumettent aujourd’hui à la disposition des composantes politiques, partis politiques et société civile, comme un projet pour la discussion. C’est quasiment un miracle dans la mesure où cela ne semblait pas préoccuper outre mesure la Troïka, et principalement le parti majoritaire, les Islamistes d’Ennahdha soucieux surtout de mettre la main sur les rouages de l’Etat et des autres secteurs de la vie. Mais, il semble que les données ont changé et que l’approche du 23 octobre ait sonné comme une sonnette d’alarme aux oreilles des gens au pouvoir.

Il faut dire que depuis le 14 septembre dernier et les événements qui ont abasourdi l’opinion publique nationale et aussi les « amis » de la Troïka à l’étranger, l’attaque de l’Ambassade des USA  et de l’école américaine, les données ont considérablement changé. La Troïka était attaquée de toutes parts à la fois à l’intérieur mais aussi à l’étranger où elle ne bénéficiait du même crédit dont elle pouvait se prévaloir auparavant. Si on ajouté à cela la « découverte » fracassante suite aux déclarations de Rached Ghannouchi sur le destin de la Tunisie, on peut comprendre aujourd’hui son empressement à annoncer les dates des élections.

De plus,  l’approche de la tenue de la Conférence Nationale qui se tiendra à l’initiative de l’UGTT le 16 octobre prochain, et qui va réunir l’ensemble des partis politiques présents sur la scène politique nationale,  avait essentiellement pour objectif justement de parvenir à ce résultat, c’est-à-dire établir une feuille de route et préparer les conditions de la réussite de cette seconde période transitoire à quelques jours de l’avènement du 23 octobre.  A ce sujet, on sait aussi que le parti majoritaire hésite encore à y participer et pourrait de la sorte justifier son éventuelle  absence avec l’annonce de cette proposition prévue initialement pour le 18 octobre.

De toutes les façons, cette proposition, ajoutée au consensus apparent sur le nom de Kamel Jendoubi de présider aux destinées de  l’Instance Supérieure Indépendantes des Elections, pourrait servir à trouver rapidement un consensus national sur cette feuille de route.

Il restera, cependant, à se mettre d’accord sur l’ensemble des conditions de nature à garantir des élections réellement transparentes comme la situation dans le secteur de l’information, au sein de la justice et sur le plan sécuritaire pour y parvenir. De même, l’enjeu principal se déplacera vers la revendication de neutralité des ministères de souveraineté que la Troïka ne semble pas disposée à  se passer, condition sine qua no pour garantir la neutralité de l’Etat.

 

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