Attaque contre l’ambassade US : des détenus sans tribunal pour les juger

Le site Nawaat se pose des questions sur l’affaire des détenus suite à l’attaque contre l’ambassade US, le 14 septembre dernier, dans son article intitulé « L’affaire des détenus dans l’attaque contre l’ambassade américaine sera-t-elle politisée ? »

Suite à la rencontre qui a eu le lieu mardi 25 septembre entre l’ambassadeur américain, Jacob WELLS, et le ministre de la Justice, Noureddine BHIRI, le ministère a publié un communiqué dans lequel il met l’accent sur la qualité et la profondeur des relations entre les deux parties que ne sauraient troubler les manœuvres visant à les altérer. Le ministère s’est félicité de l’accord de coopération qui vient d’être signé par lequel la partie américaine apporte à la Tunisie une aide financière et technique mettant son expérience dans les domaines de la justice et de la sécurité à la disposition.

Ce communiqué, de par son opacité et sa formulation routinière, aurait pu passer inaperçu, n’eussent été les circonstances dans lesquelles s’est tenue cette rencontre mystérieuse qui intervient pour la première fois dans l’histoire de la diplomatie américaine en Tunisie. La conférence de presse, qui s’est déroulée presque en même temps que la publication du communiqué, n’a fait que révéler au grand jour la teneur de la rencontre. Au cours de cette conférence, le ministre de la Justice après avoir rappelé l’arrestation de Hassine Ben Brik, porte-parole des Alliés de la Chariaa (ANSAR ECHARIAA), a insisté sur la nécessité de poursuivre toute personne voulant nuire à la sécurité de l’État. Ses propos s’adressent beaucoup plus à la diplomatie américaine qui ne se contenterait pas d’un discours politique pour être rassurée qu’à la société civile qui a longtemps appelé l’État à assumer ses responsabilités face à la montée dangereuse de la violence salafiste.

Contrairement aux multiples incidents inhérents à la profanation du drapeau national, à la violence qui a suivi l’exposition du palais El Abdelya qui n’ont pas fait l’objet de poursuites sérieuses, il est à préciser que l’attaque de l’ambassade américaine ne sera pas classée dans la mesure dans la mesure où l’émissaire de l’oncle Sam exige du concret et du palpable.

Au niveau de l’enquête et des poursuites, plusieurs arrestations ont été enregistrées depuis le début des événements, plusieurs interpellations sont en cours et plusieurs mandats judiciaires sont en voie d’exécution. Mais la surprise est venue cette fois-ci de l’autorité judiciaire. Après que la juridiction militaire s’est saisie du dossier au motif qu’il touche à la sécurité du pays, le tribunal de Tunis s’est dessaisi des affaires qui lui ont été soumises, la semaine passée, par le ministère public au motif qu’elles sont devenues du ressort de la justice militaire. Seulement celle –ci a refusé de les traiter pour incompétence. Ainsi n’est-il pas curieux que ni le tribunal civil ni le tribunal militaire ne soient disposés à examiner ces affaires.

Cette scandaleuse faillite des incompétences judiciaires ne fait donc que compliquer la situation, aucune des parties ne semblant vouloir assumer ses responsabilités en se prévalant d’une prétendue incompétence. Quelle solution alors ?

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