Jebali : les réactions concernant la tenue de Habiba Ghribi reflètent une petitesse d’esprit

L’interview accordée par Hamadi Jebali à France 24 et diffusée cet après-midi, ne s’est pas limitée aux droits de la femme et à la polémique suscitée par le désormais fameux article 28 proposé par la commission des droits et des libertés. Elle a été consacrée en partie à l’actualité brûlante que vient de connaître le pays, notamment, à la suite des événements qui se sont produits à Sfax et Sidi Bouzid, et à la détérioration des relations entre le gouvernement et l’UGTT. Au sujet de ces événements, le chef du gouvernement a fait part de la position officielle que l’on connaît déjà et dans laquelle il appelle au dialogue et à la raison pour résoudre tous les problèmes. Il rejette la responsabilité sur des tierces parties qui chercheraient à torpiller le processus transitionnel et à mettre en échec les efforts déployés dans le cadre de la relance de l’activité économique et de la réhabilitation des institutions de l’État.

La dernière question qui lui a été posée dans cette interview concerne la position du parti Ennahdha au sujet des droits et des libertés de la femme. Selon le journaliste qui l’interviewait, l’article 28 proposé par la commission des droits et des libertés est perçu comme étant de nature à restreindre les droits de la femme et à remettre en cause ses acquis. Hamadi Jebali, répondant à cette question en tant que membre du mouvement Ennahdha, a déclaré que son mouvement s’est engagé depuis la fin des années 80 à ne pas toucher au code du statut personnel, à consolider les droits et les libertés de la femme et à œuvrer à leur amélioration.

Dans le même sens, le journaliste lui a demandé son avis concernant les critiques et les réactions agressives se rapportant à la tenue vestimentaire de l’athlète Habiba Ghribi lors de sa participation aux Jeux olympiques de Londres. Le premier ministre a annoncé qu’il était sidéré et choqué par ces réactions qui dénotent d’une vision réductrice des relations humaines et reflètent une petitesse d’esprit de la part de ceux qui colportent ces accusations. Selon Jebali, ces derniers devaient être fiers des performances réalisées par leur compatriote au lieu de s’intéresser à des futilités d’un autre âge.

Intrinsèquement, les propos tenus par Jebali laissent penser que le gouvernement n’est pas toujours du côté de l’islamisme radical qui prêche la violence et rejette la modernité. Néanmoins, par l’absence d’une condamnation officielle et radicale des actes de fondamentalistes religieux, qui sont allés rappelons-le jusqu’à demander le retrait de la nationalité à l’athlète, Jebali et son gouvernement donnent l’impression de cautionner ses actes obscurantistes, ce qui laisse les salafistes jouir d’une certaine impunité.

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