Hamadi Jebali, voit une Troïka soudée et veut des médias indépendants

La rencontre avec le premier ministre provisoire, diffusée en différé sur la chaîne de TV nationale, le mercredi 30 mai 2012, constitue la première du genre dans la série des rencontres périodiques prévues pour combler le déficit de communication reproché au gouvernement . À cet effet, le premier ministre a annoncé que des rencontres mi-mensuelles se tiendront avec les médias audiovisuels et que des conférences seront organisées tous les mois pour édifier l’opinion publique sur les activités du gouvernement et les projets en cours et pour lui apporter des éclairages sur les questions brûlantes et préoccupantes.
Pour cette première rencontre, les questions posées ont porté sur les volets politique, économique, social et sécuritaire.

Les élections auront lieu au mois de mars 2013
S’agissant de la feuille de route pour les prochains mois, le premier ministre a précisé qu’elle est claire et ne comporte aucune ambiguïté. Elle découle d’un commun accord entre la présidence de la République, le gouvernement et l’assemblée constituante en vertu duquel la constitution sera fin prête au mois d’octobre 2012 et les élections, sous la forme qui sera requise, auront lieu au mois de mars 2013. Entre temps, le gouvernement, de concert avec ses partenaires dans le Pouvoir et en collaboration avec les membres de la constituante, envisage la mise en place d’instances indépendantes dans le domaine des élections, de la justice et des médias, dont le secteur audiovisuel.

Sur le plan économique et social, le gouvernement continuera à œuvrer dans le sens de la réalisation des projets et des réformes nécessaires au développement régional et au redressement de l’économie du pays et continuera à être à l’écoute des citoyens pour répondre à leurs besoins et satisfaire à leurs revendications.

L’extradition de Baghdadi Mahmoudi fait l’unanimité au sein de la troïka et celle de Benali est encore à l’ordre du jour
Bien que d’obédiences différentes, le mouvement Ennahdha, parti islamiste, et les autres partis laïques qui l’ont rejoint à la tête de l’État et dans le gouvernement, s’entendent sur une base commune tant en ce qui concerne les orientations à mettre en œuvre, que pour ce qui concerne les actions à entreprendre. Leur appartenance à différentes formations politiques n’empêche pas le consensus et leur engagement sur les questions fondamentales n’exclut pas les divergences de vues qui sont tout à fait plausibles dans une démocratie et parfaitement faisables dans une coalition.

Au sujet de la décision d’extradition de Baghadi Mahmoudi, le premier ministre a précisé que les trois présidences sont d’accord sur le principe et que l’évolution de la situation en Lybie justifie cette décision, qui s’appuie sur un jugement définitif, un accord d’entraide judiciaire entre les deux pays et les garanties données par écrit par les autorités libyennes qui se sont engagées à respecter l’intégrité physique de l’extradé ainsi que les conditions d’un procès juste et équitable.

Quant à l’extradition de Benali, le premier ministre a fait savoir que lors de sa visite d’État en Arabie Saoudite, il a réitéré aux autorités de ce pays la demande de la Justice tunisienne en insistant auprès de ses homologues saoudiens sur les crimes commis par Benali et son épouse au préjudice du peuple tunisien. Seulement, ces derniers se prévalant des règles de l’hospitalité qui leur est offerte ont opposé une fin de non-recevoir. Cette attitude de leur part ne doit pas compromettre les relations entre les deux pays, ni conduire à classer l’affaire puisque le gouvernement n’a pas l’intention d’abandonner la demande.

Jebali appelle l’opposition à enrichir le dialogue, s’oppose à la cession de la TV nationale et déclare que Nahdha ne sera pas dans l’instance indépendante des médias
Hamadi Jebali considère que l’opposition est une « fonction sociale » indispensable pour la bonne marche de la démocratie et l’alternance au pouvoir. Les relations entre l’opposition et le gouvernement doivent reposer sur le dialogue. Pour ce faire, le gouvernement est ouvert à toute forme de dialogue avec ceux qui ont choisi de rester en dehors du pouvoir malgré l’appel qui leur a été lancé pour se joindre à l’équipe gouvernementale. Ces derniers appellent aujourd’hui à la formation d’un gouvernement de salut national alors qu’ils ont eu la possibilité de concourir à l’exercice du pouvoir au niveau de l’exécutif. Aujourd’hui encore les voies du dialogue leur sont ouvertes, notamment à l’échelle de l’Assemblée nationale constituante, pour servir la Tunisie et les intérêts des Tunisiens.

Par rapport aux relations avec les médias, le premier ministre a déclaré qu’il s’ oppose catégoriquement à la privatisation de la télévision nationale. Il pense, dans un cadre général, que la mise en place d’une instance indépendante des médias fera évoluer le secteur et la prestation des journalistes. Celle –ci doit être au dessus des parties et des interactions politiques et pour ce faire, aucun parti ne doit être autorisé à y siéger.

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