Première mondiale : la Tunisie sans justice pendant au moins deux jours !

Il s’agit certainement d’une « première mondiale ». En effet, et pendant au moins deux jours, la Tunisie va être un pays qui vivra sans justice !

En effet, les Magistrats ont réagi vigoureusement aux dernières mesures expéditives du gouvernement qui a mis sur la touche, d’une manière abusive et sans leur donner aucune possibilité ni chance de se défendre 81 magistrats arguant que des enquêtes auraient été menées par les services du ministère de la Justice qui a décrété leur culpabilité, 81 magistrats appartenant à différents grades. Comme nous l’avions déjà expliqué, cette révocation est le fait du pouvoir exécutif et constitue donc une intrusion dans les affaires du pouvoir judiciaire, ce qui est contraire au principe de la séparation des pouvoirs, l’un des piliers du régime démocratique.

Cela démontre que l’une des conditions de l’indépendance de la justice réside essentiellement dans les garanties dont peuvent bénéficier les magistrats tout d’abord dans l’exercice de leurs fonctions et ensuite dans le déroulement de leurs carrières.

La décision du ministère est une atteinte grave à l’indépendance de la justice et vient à contre-courant des acquis de la révolution tunisienne. Sinon quelle est la différence entre ces révocations et les mutations abusives décidées par le régime de Ben Ali à l’encontre des membres du bureau exécutif de l’Association Tunisienne des Magistrats ?

Il faut souligner que le tribunal administratif tunisien annule toute décision de révocation qui ne respecte pas les procédures disciplinaires et notamment les droits de la défense de chaque agent de l’État considéré comme un principe général de droit.

Si la protestation des Magistrats pourrait s’éterniser à défaut d’accord avec le gouvernement sur cette question des révocations, mais aussi sur l’instance provisoire qui gérera leurs affaires, les greffiers seront aussi en grève pendant deux jours, les 30 et 31 mai.

Autrement dit, tous les tribunaux du pays seront fermés pendant au moins deux jours au visage des citoyens et des avocats.

C’est un fait très grave qui dénote tout simplement de l’incapacité du gouvernement à réussir à trouver un consensus avec les diverses corporations et corps constitués parce qu’il veut imposer ses vues sans prendre en considération les opinions des autres. Comme au bon vieux temps de Ben Ali…

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