Maya Jribi empêchée de se rendre à Radès, violentée et accusée d’être derrière les événements !

Dans une déclaration aujourd’hui à Mosaïque FM, Maya Jribi, secrétaire général du Parti Républicain et député à l’Assemblée nationale constituante, a affirmé avoir été agressée par un groupe de jeunes alors qu’elle rendait visite aux habitants de Mallahet Radès pour s’assurer de leur situation après les incidents qui ont eu lieu hier dans le port et dans la cité. À son arrivée sur les lieux, des jeunes qui étaient dans un café du coin l’ont reconnue et lui ont fait barrage pour l’empêcher de contacter les habitants, de recueillir leur témoignage et leur apporter son soutien et son aide (voir la vidéo en bas de page). Ils l’ont entourée de tous les côtés, l’ont insultée et l’ont accusée d’être parmi ceux qui mettent les bâtons dans les roues en vue d’empêcher le gouvernement d’accomplir sa mission.

Selon Maya Jribi, qui a lancé un appel aux autorités pour relâcher les personnes arrêtées lors de ces incidents, ses agresseurs agissent au nom et pour le compte d’une partie politique déterminée, sans la citer explicitement.

À noter que les incidents, qui se sont produits hier au Port de Radès, se sont déclenchés suite à un mouvement de protestation organisé par de jeunes chômeurs, déçus de ne pas avoir été embauchés par la STAM malgré les promesses et les engagements. Le mouvement de protestation a démarré la veille et s’est poursuivi jusqu’au petit matin de la journée d’hier, après intervention de la police pour disperser les manifestants à coups de matraque et utilisation de gaz lacrymogène.

Le porte- parole du ministère de l’Intérieur a catégoriquement démenti le recours à la force et a précisé que la fin du mouvement a eu lieu après négociations et pourparlers avec les manifestants.

Mais les témoignages recueillis dans les parages auprès des sit-inneurs et des habitants font état d’une intervention terrifiante de la police qui a fait usage d’une force démesurée (voir la vidéo en bas de page). Plusieurs séquences sur le réseau social reproduisent ces témoignages de dizaines de jeunes, de femmes et d’hommes qui se sont plaints de la manière très violente avec laquelle la police est intervenue pendant la dispersion des manifestants. Le bilan de cette intervention, d’après les habitants, a été l’arrestation d’une quarantaine de personnes, des agressions physiques et des effractions.

La controverse au sujet des événements a pris une tournure tragi-comique avec la publication sur Facebook d’une séquence isolée dont la source est douteuse (dont une copie se trouve ici). D’après cette information, Maya Jribi aurait rencontré hier chez elle 4 jeunes habitant la cité. Elle se serait réunie avec eux pendant 3 heures et leur aurait demandé de bloquer les accès au Port. L’auteur ou les auteurs de cette information ont rapporté également que durant le sit-in, Maya Jribi était dans son véhicule, tout près des lieux, en train de fournir discrètement ses instructions.

Ceux qui connaissent bien la personne, son passé militant, son courage à affronter la dictature en Tunisie et son background respectable, ne peuvent pas imaginer qu’elle puisse s’abaisser à un niveau aussi médiocre pour marquer des points sur la scène politique.
 

 

Commentaires:

Commentez...