Interview du Cheikh Ghannouchi au Figaro : « les salafistes, une copie non conforme à l’original »

Depuis la décision du Mouvement NAHDHA de maintenir l’article 1er de la constitution de 1959, il ne se passe pas une journée sans que le Cheikh Ghannouchi n’apparaisse sur les médias. C’est ainsi qu’il vient d’accorder une interview parue ce soir sur le site du journal le Figaro où il a défendu la position de son mouvement malgré les risques de se trouver en grave désaccord avec les salafistes.

Rached Ghannouchi, contrairement à d’autres figures du mouvement dont Habib Ellouze qui s’est reconnu vaincu dans une émission de télé, a présenté des arguments de taille pour justifier cette position. Entre la réaction des salafistes qui peut conduire à la radicalisation de leur mouvement et la satisfaction aux exigences de la société civile qui s’attache au projet républicain, le mouvement a choisi le consensus et le compromis pour ne pas diviser la société en deux.

Cette déclaration de la part du chef spirituel du mouvement pourtant accusé par ses détracteurs de pratiquer la duplicité du langage laisse croire qu’il a été déterminant dans le revirement de dernière minute et que le renoncement à l’inscription de la CHARIAA dans la constitution est un acquiescement à la volonté de la majorité de la classe politique dans l’intérêt de la Tunisie et non un choix délibéré.

Pourtant lors de la campagne électorale et dans plusieurs discours et interventions, le leader affirmant l’attachement de son mouvement à la République et à la démocratie, n’ a pas du tout évoqué la question de la CHARIIA en tant que source de gouvernance politique et législative . Le fait d’en parler après les élections a fait couler beaucoup d’encre. À cette question, Rached Ghannouchi considère que les tergiversations au sein du mouvement sont un signe de démocratie à l’intérieur du parti qui dispose d’instances solides pour arbitrer et canaliser les tendances .

Dans une allusion à l’insatisfaction et aux critiques venant des salafistes, Rached Ghannouchi a ajouté que « Ennahda, c’est l’original et l’original n’a pas à suivre la copie ». Implicitement, il affirme que les salafistes sont une émanation du mouvement Ennadha et représentent une partie consistante de son électorat. Les mécontenter pourra se traduire pas des voix en moins, a-t-il précisé.

Il pense néanmoins qu’en dépit des menaces révélées par le ministre de l’Intérieur concernant la circulation d’armes et l’existence de camps d’entraînement, la situation est maîtrisable et il n’existe pas de réels dangers terroristes du côté des salafistes dont il a entrepris des contacts avec leurs Cheikhs pour les inciter à agir dans la légalité .

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