La Troïka au bord du désengagement, saura-t-elle tenir ses engagements ?

Après les informations qui ont pu filtrer de la dernière réunion hebdomadaire du président de la République avec les chefs de partis politiques représentés dans l’assemblée constituante, et le discours de Ahmed Negib CHEBBI qui a réitéré son appel à la formation d’une coalition gouvernementale sous la direction d’une personnalité indépendante, voilà que le premier ministre, dans une interview qui paraîtra demain sur le quotidien la Presse, s’engage pour l’organisation des prochaines élections avant la fin du 1er semestre de l’année 2013. Cet engagement s’inscrit dans une lignée, ces derniers jours, d’événements politiques, qui, autant rassurent et font renaître l’espoir chez l’opposition, autant suscitent des interrogations et des commentaires.

Pour plusieurs observateurs, la situation est devenue quasiment ingérable à cause notamment du cumul et de la gravité et des difficultés sociales et économiques, de l’insuffisance des moyens et de la rétractation des bailleurs de fonds et des pays qui ont promis d’apporter leur aide. La dernière désillusion en date a été le refus par l’Allemagne d’assurer le traitement et de fournir les soins aux blessés de la révolution, se contentant de la prise en charge de deux cas seulement.

Cette situation a amené le président à suggérer un remaniement ministériel en désignant dans le gouvernement des membres de l’opposition, pour élargir la concertation sur les solutions à mettre en œuvre et mobiliser la classe politique pour faire face aux fléaux qui menacent le pays.

Le lendemain de cette réunion et lors de la fameuse manifestation «appel à la nation» qui s’est tenue à Monastir le 23 courant, Ahmed Nejib CHEBBI a expliqué que la sortie de l’impasse est tributaire de la constitution d’un gouvernement d’unité nationale avec à sa tête une personnalité indépendante qui bénéficie de la confiance de la majorité. Selon le leader du PDP, le choix des membres du gouvernement et les portefeuilles à leur attribuer ne doivent pas dépendre de la représentativité au sein de l’assemblée constituante, mais doivent s’opérer en fonction de la compétence et de l’expertise. En somme, Ahmed Nejib CHEBBI prône, une fois de plus, la formation d’un gouvernement de technocrates dans les ministères sensibles nécessitant un savoir-faire appréciable et une haute qualification.

Le deadline annoncé par Hamadi Jebali concernant l’organisation des prochaines élections, et repris par plusieurs autres personnalités politiques, est un message qu’on peut lire de plusieurs façons. Il peut s’agir d’une assurance à l’adresse des investisseurs et partenaires étrangers, qui aimeraient être fixés sur le sort de la phase transitionnelle avant de s’engager sur le terrain, comme il peut s’agir d’une main tendue à l’opposition qui s’inquiète face aux lenteurs dans le processus d’élaboration de la constitution. Mais certains trouvent que les membres de la Troïka, à court de solutions et de moyens pour affronter la situation qui prévaut, cherchent à s’en sortir à moindre frais en écourtant la période de leur mandat. En décidant d’organiser les prochaines élections avant la fin du 1er semestre de l’année 2013, ils pourront ainsi limiter les dégâts dans le cadre d’une passation en bonne et due forme des pouvoirs plutôt que jeter l’éponge.

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