Compte à rebours pour Marzouki

Lorsque la page officielle de la présidence de la République se met au teasing des internautes, c’est bien l’aveu que le locataire du palais de Carthage est prêt à tout pour attirer l’attention.

Le voici maintenant qui nous propose un compte à rebours jusqu’au 13 mars dont il a choisi de faire la journée de la liberté d’internet.

Cette date qui coïncide avec la mort du bloggeur activiste Zouheir Yahiaoui sera celle du prochain show de l’homme au burnous dont le propre compte à rebours s’achève autour du 23 octobre prochain.

Froidement accueillie par les internautes et plusieurs bloggeurs (plus puissants que la présidence actuelle), cette nouvelle acrobatie gesticulante sent la récupération à mille lieues.

Cousue de fil blanc, cette initiative (que Marzouki a pompé aux activistes de la société civile) ne le rendra pas plus sympathique auprès d’une opinion intransigeante et lassé par son opportunisme.

Qualifié d’«ahuri de service» ou d’«animateur du palais désert», Marzouki donne l’impression d’un homme aux abois, qui ne sait plus quoi faire pour exister.

Vraiment, les stratèges d’Ennahdha mériteraient un coup de chapeau : ils ont su découvrir la perle rare qui décrédibilisera l’idée que les Tunisiens se font de la présidence de la République.

Pour une présidence au rabais, Marzouki est le meilleur.

Quant aux internautes que le président provisoire a invité en son palais, ils ont été nombreux à décliner cette offre purement politicienne d’un homme qui, dans le passé, s’est fait connaître en s’appropriant illégitimement les combats des autres.

Cerise sur le gâteau, Marzouki promet de nouvelles initiatives qu’il annoncera prochainement. Peut-être va-t-il enfin laisser tomber ses burnous à deux briques ? Peut-être qu’il va décider de vendre une région tunisienne au plus offrant ou, pire, nous lancer dans une guerre ?

Seule certitude toutefois : je ne suis pas le premier à dire que cet homme ne mérite pas le fauteuil qu’il occupe.

Une autre certitude : à trop vouloir en faire sans véritablement connaître ses dossiers, on finit par devenir l’otage de ses conseillers qui, parfois par amateurisme, se lancent dans des surenchères qui plombent le palais.

Pour l’instant, les internautes influents ont fraîchement accueilli cette OPA marzoukienne sur le cyberespace. Il en est même qui, comme le bloggeur Samir Ben Abdallah, l’accusent de «n’avoir jamais eu un statut d’exilé politique en France et avoir menti aux Tunisiens».

D’autres s’abstiendront de répondre à son invitation. D’autres, comme votre serviteur, s’avouent perplexes et se demandent si Marzouki ne ferait pas du Ben Ali et ses conseillers, éminences grises par accident, du Abdelwahab Abdallah après l’heure…

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