Gouvernement Jebali: gaffes, cacophonie et reculades !

Il ne s’est pas écoulé un mois depuis l’investiture du gouvernement Hamadi Jebali que l’impression générale perceptible fait état d’une équipe qui s’empêtre dans des difficultés qu’on attribue au mieux à l’inexpérience. Or plus le temps passe, plus l’évidence d’une faiblesse de l’équipe gouvernementale apparaît comme incontestable, imputable qu’elle est au poids de l’idéologie. On ne compte plus en effet la cacophonie qui se dégage du pouvoir politique issu de la troïka. Une troïka qui cache au fond une hégémonie du parti Ennahdha. Un secret de polichinelle, diront certains.

Les tergiversations et les atermoiements étaient visibles avant même l’annonce des portefeuilles ministériels du Gouvernement Jebali. Le nombre surprenant d’une cinquantaine de ministres qui a filtré des rumeurs a fait couler beaucoup d’encre. La levée de boucliers qui s’en est suivie a conduit à la révision en baisse de l’équipe gouvernementale : de 51 ministres on est passé à une quarantaine. Première reculade qui en dit long sur l’efficience de la pression exercée par la société civile aux allures d’un contre pouvoir redoutable.

C’est également sous l’effet de la mobilisation des universitaires de la Faculté de la Manouba intimidés, humiliés et empêchés d’exercer leur fonction, que les autorités ont finalement décidé d’évacuer les sit-ineurs salafistes de ladite faculté restée fermée durant un mois.

Il n’est que de rappeler les dernières nominations touchant le secteur des médias pour prendre la mesure des gaffes commises par le chef du Gouvernement. La présence massive hier des journalistes et leur syndicat devant le siège de Hamadi Jebali, pour exprimer leur mécontentement, n’est pas restée sans conséquence. Dans l’après-midi même, Samir Dilou, le porte-parole du gouvernement, a tenu des propos qui laissent entendre une éventuelle révision de ces nominations qui ont provoqué le trouble. Certains sont en effet connus pour avoir soutenu servilement le dictateur déchu et son épouse. Mais c’est surtout la cacophonie des propos de Sami Dilou qui est inquiétante et laisse dubitatif. Il ne serait pas au courant de ces désignations, lesquelles désignations l’auraient un tantinet surpris. C’est à ne plus rien comprendre à ce gouvernement qui multiplie à l’envi les gaffes et autres maladresses de nature à augmenter l’inquiétude de la population.

Encore aujourd’hui voilà que l’hyper médiatique Hichem Meddeb, porte-parole du Ministère de l’intérieur, contraint à démentir, sur les ondes de Shems FM, les bruits et chuchotements relatifs au limogeage de Moncef Laâjimi, directeur général des brigades d’intervention.

Tout porte à croire que le gouvernement navigue à vue au moment où le pays a plus que besoin de sérénité et de sécurité, piliers indispensables à la relance des investissements. Le manque d’expérience peut-il à lui seul expliquer les ratages d’un gouvernement qui a tout intérêt à se départir de son credo idéologique pour mener à bien les affaires, sous peine d’aller au-devant de difficultés dangereuses ? Cette question n’a rien d’une clause de style.

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