Aujourd’hui, 2 janvier 2012, une tentative d’immolation à Tunis

Ce matin, sur l’avenue de Paris, devant le ministère des Domaines de l’État et des Affaires Foncières, un homme à la quarantaine, boitant et appelant les passants à écouter son histoire, a tenté de s’immoler après avoir versé du combustible sur son corps et également sur le mur du ministère. Au moment où il a allumé le feu, une foule s’est jetée sur lui, l’immobilisant au sol. La flamme n’a pu atteindre qu’une infime partie du combustible se trouvant sur le mur.

Devant les cris de la foule, curieux, les employés et cadres du Ministère se sont alors précipités hors de leur bureau. Terrifiés à l’idée qu’une telle scène ait lieu devant le siège de leur ministère, une année après l’immolation de Bouazizi, ils le firent entrer à l’intérieur afin de mieux comprendre sa situation. Selon les propos de la « victime », il est un : « père d’une famille nombreuse et sans emplois dont on a promis depuis longtemps de voir son cas. Et cela fait deux mois qu’il s’impatiente devant le ministère ».

Nous sommes en 2012, la Tunisie s’apprête à fêter l’anniversaire de sa révolution dont l’étincelle fut une immolation. Et pourtant, pour plusieurs Tunisiens, la situation est toujours précaire et tarde encore à s’arranger. Et les cas de désespoir se transformant en actes de suicide remplissent les colonnes des faits divers de nos médias.

Ainsi, lors du passage de minuit vers 2012, Sidi Bouzid a connu un cas d’immolation. Ce cas est heureusement sans grande gravité, mais la raison est inquiétante : le jeune homme voulait être le premier cas d’immolation en Tunisie, en 2012 !

Commentaires:

Commentez...