La démocratie plus forte que l’obscurantisme !

Beji Caid Essebsi et Barack Obama dans le bureau ovale de la Maison Blanche, le 7 october 2011 - photo (daylife.com)
Au moment où Béji Caid Essebssi rentre d’un voyage historique effectué aux États-Unis et d’une importance capitale quant au devenir du processus démocratique dans lequel la Tunisie s’est engagée, voilà qu’on assiste à une escalade de violence déclenchée par un groupuscule qu’on qualifie de salafiste voulant imposer sa loi au mépris du sacro-saint principe du « vivre ensemble ». La concomitance des deux événements d’une importance inégale, à vrai dire, ne peut laisser indifférent et suscite ipso facto des interrogations. Y a-t-il volonté de diversion pour détourner l’opinion publique d’une rencontre capitale que le premier ministre Béji Caîd Essebsi vient d’avoir au pays de l’oncle Sam ? Et à qui profitent ces incidents déplorables qui manifestement visent à entraver le processus démocratique et à perturber la campagne de l’élection de l’Assemblée constituante ?

Il ne fait aucun doute que les incidents de la faculté de Sousse et ceux inhérents à la projection du film iranien « Persepolis » profitent à des forces occultes dont l’objectif est de faire échouer la révolution des braves et de plonger le pays dans le chaos.

Les forces vives, les forces du progrès de tout bord, attachées qu’elles sont aux valeurs de la démocratie ne peuvent tomber dans le piège de ceux qui doivent se frotter les mains devant ce spectacle affligeant qu’on vient de connaître. Ces forces-là qu’on voudrait diviser pour semer le doute et la discorde ne doivent pas perdre de vue que l’objectif suprême du pays est le rendez-vous tant attendu du 23 octobre. Car qu’avons-nous vu suite aux incidents déclenchés par les groupuscules fanatisés ? Très vite l’attention a été focalisée sur eux suscitant des divergences de point de vue quant à la manière de répondre à ces actes d’intolérance et d’incivilité. Car si certains prônent le dialogue avec eux au nom du principe de la non-exclusion, d’autres en revanche affichent une attitude intransigeante avançant l’idée qu’on ne peut instaurer un quelconque échange avec des gens obtus qui refusent la différence.

Les arguments des uns et des autres tout défendables qu’ils puissent être ne sauraient annuler l’idée que les fanatiques ne pourront jamais avoir le dernier mot. Ils ne peuvent par conséquent, marginaux qu’ils sont, infléchir la transition et le processus démocratiques. Voilà pourquoi le cap de l’échéance du 23 octobre doit être maintenu et défendu mordicus.

S’il faut condamner avec fermeté la violence (rappelons que ni la burqa ni le niqab ne sont prescrits par l’islam) tout en reconnaissant une part de responsabilité de la chaîne Nassma (maladresse de timing), nous pensons que la priorité doit être donnée, en ce moment, aux conséquences de la visite historique du premier ministre aux États-Unis. Nous n’avons pas encore saisi la teneur ni l’ampleur d’un tel voyage.

Faut-il rappeler que nous avons là le plus long séjour qu’une personnalité arabe n’a jamais fait à Washington. La solennité avec laquelle la classe politique – démocrates et républicains, sénateurs et financiers – a reçu Mr. Caïd Essebsi suffit pour prendre la mesure de l’intérêt qu’on accorde à la Révolution tunisienne. Il n’y a certainement pas de l’angélisme dans le soutien apporté à la Tunisie, symbole et catalyseur du Printemps arabe. Ce soutien fort prouve si besoin est qu’on est à un tournant décisif dans l’histoire du monde arabe. C’est cette donne que nous devons prendre en considération. Assurément la réussite de la transition démocratique aura des répercussions d’une importance incommensurable sur le plan géopolitique. Voilà pourquoi nous devons tout faire pour que la voix de la démocratie l’emporte sur celle de l’obscurantisme. Parce que l’enjeu est de taille, parce que nous avons là une occasion inouïe de tourner définitivement la page de la dictature, une vigilance à toute épreuve est requise. Il y va de l’avenir de la Tunisie.

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