Yannick Noah : « J’ai passé une partie de ma vie sur la route, je suis donc sensible aux souffrances de toutes les gens »

Yannick Noah était parmi nous la semaine dernière. Au Tennis Club de Tunis, là où il a joué, vendredi après-midi, un match d’exhibtion contre le non moins célèbre joueur iranien, Mansour Bahrami, le vainqueur de Rolland Garros 83, a provoqué une grande effervescence autour de lui. C’est un Monsieur courtois, gentil et disponible que nous avons rencontré dans la soirée. Son propos est plein d’amour. Ecoutez sa mélodie… de la vie.

En plus du grand sportif et de champion de Tennis que vous êtes, vous épousez aujourd’hui la carrière de chanteur et militez, dans le même temps, pour les bonnes causes. Où êtes-vous allé chercher ces deux dernières vocations ?
Ecoutez. Le destin a voulu que je sois né en France, d’une mère française et d’un père camerounais. J’ai passé une partie de ma vie sur la route. Je suis donc sensible aux problèmes de toutes les gens quelles que soient leurs racine et origine. Je suis sensible aux souffrances des uns et des autres, ce que j’essaie d’exprimer dans la chanson. Le sport est, surtout, un terrain qui rapproche les gens. Quand j’ai gagné des tournois en France et ailleurs, l’Afrique a fêté la première mes succès et j’en suis fier. Là-bas, existent mes racines et une partie de mon cœur. Mon rêve est qu’un jour le Blanc et le Noir se réconcilient, c’est possible de véhiculer ces valeurs quand on est dans le sport.

Par deux fois, vous êtiez élu la personnalité la mieux aimée des Français. Comment expliquez-vous cet amour ?
Je crois avoir été plébiscité 8 ou 9 fois ! Ecoutez, quand vous êtes engagé socialement, quand vous militez dans des associations d’aides aux démunis, quand vous ne le faites pas par opportunisme, les gens sont sensibles à ça. Il faut donner une chance aux gosses qui n’en ont pas eu dans leur vie.

Changeons de propos. Vos impressions sur Malek Jazizi, notre tennisman number one ?
Malek est un joueur qui a beaucoup de qualités. Il pourra devenir plus fort encore. Il a déjà le physique pour. Maintenant qu’il a gravi des paliers, la différence se fait beaucoup plus dans le travail. Il a tout pour être un bon joueur. Passer du 170ème rang au 140ème nécessite encore plus d’efforts. A ce stade, il faut travailler davantage pour progresser pour pouvoir rentrer dans le gotha des 100 meilleurs joueurs au classement.

Votre fils a choisi le basket plutôt que le tennis !
Il a choisi sa voie. Avec 2,10m, aujourd’hui il est aux Etats-Unis et est considéré comme un grand champion. Il joue avec l’équipe des Chicago Bulls et je suis très fier de lui.

Propos recueillis par – Chahir CHAKROUN (Tunis-Hebdo)

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