Microsoft Tunisie : après un début d’année tumultueux voilà un nouveau directeur général

La vague de la jeunesse leader fait fureur depuis quelques mois en Tunisie. Et c’est au tour de Microsoft Tunisie de suivre le mouvement. Le représentant tunisien de la firme de Redmond s’autorise un nouveau souffle, après les débuts d’une année 2011 très mouvementés, en nommant un nouveau directeur général à sa tête. Mohamed Bridaa, 36 ans, décontracté, souriant, l’esprit vif, se distingue vraiment des vieux costumes-cravates qu’on a tant connus à la tête de tels postes.

Il succède ainsi à Mme Salwa Smaoui, un nom qui s’est vu propulsé sur les devants de la scène IT tunisienne de part son charisme et son fort sens des affaires. L’ex-DG ne s’arrête pas en si bon chemin puisqu’elle a été promue pour devenir Directrice Régionale «Advertising and Online» pour l’Afrique et le Moyen-Orient, même si elle a commis une fausse note à la fin de son parcours de 5 ans à la tête de Microsoft Tunisie.

En effet, l’affaire du contrat établi entre Microsoft corporation et le gouvernement tunisien, pour lequel Mme Smaoui a tant travaillé, a fait couler beaucoup d’encre. Ce contact a indigné la communauté Open Source tunisienne au vu de la somme pharaonique dépensée par l’Etat en échange des services de la firme alors que des produits gratuits étaient disponibles. Mais c’est à la suite des grosses opérations menées par la cyberpolice de Ben Ali que les choses se sont gâtées pour Microsoft Tunisie et Mme Smaoui.

Entre les câbles de Wikileaks et la suspecte fermeture de ReadWriteWeb France suite aux révélations du rédacteur sur le sujet, le mythe du fameux contrat «win-win» entre le gouvernement et Microsoft Tunisie en a pris un coup. La filière se retrouve ainsi accusée d’être un élément clé des gigantesques opérations de ratissage du net tunisien menées par la cyberpolice et de complicité dans la violation des droits des activistes et internautes.

Questionné sur le sujet lors d’un point de presse, le nouveau DG a, tout d’abord, affirmé sa fierté de voir Mme Smaoui, en tant que Tunisienne, tenir un poste aussi important et aussi stratégique. Il a aussi confirmé sa position par rapport aux révélations de Wikileaks en se tenant à ce qui a été rapporté par les démentis publiés. «La formation tenue par Microsoft auprès du gouvernement tunisien était publique, claire, et suivait un programme standard que nous avons avec les gouvernements tel que GSP (governement security program)», a précisé M. Bridaa.

Ce point de presse était assez informel, puisque des journalistes ont été conviés à venir poser leurs questions au nouveau directeur autour d’un déjeuner. Des représentants de la communauté Open Source ont, également, été invités à y prendre part.
Communauté Open Source, pas de diapositives et de présentations ennuyeuses, déjeuner au lieu d’une conférence de presse formelle, cadres décontractés, tout a été concocté pour montrer que Microsoft Tunisie avec son nouveau DG mise sur la modernité, l’ouverture et l’innovation. D’ailleurs, M. Bridaa n’a pas cessé de répéter ces termes en répondant aux questions.

Nous avons également senti que les axes de vision de Microsoft Tunisie vont prendre un tournant en misant sur des domaines montants tels que le Gamming, le mobile ou bien le grand succès Imagine Cup. Le nouveau DG compte bien imposer sa touche de changement et mise beaucoup sur les jeunes compétences tunisiennes, les étudiants et les jeunes diplômés.

Cependant, le discours à caractère patriotique et presque caritatif «reconstruire la Tunisie et mettre à profits nos technologies pour les générations à venir» ou encore «permettre aux talents tunisiens des régions défavorisées de bénéficier de nos technologies » a eu du mal à passer. Microsoft demeure une boîte à but lucratif avec certaines positions bien affirmées mais ceci ne nous empêche pas d’affirmer que ce nouveau souffle va sûrement raviver la scène IT tunisienne et contribuer à sa diversité et à la concurrence entre ses différents acteurs.

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