Opinion – Lorsque l’agence TAP plagie Webdo (! ?)

L’agence Tunis Afrique Presse (TAP) a repris, aujourd’hui, l’article de Webdo intitulé « Une Tunisienne participe à une importante découverte en neurologie aux États-Unis« , publié sur notre site le 8 septembre 2011, soit jeudi dernier. L’article de la TAP qui est intitulé, aussi, « Une Tunisienne participe à une importante découverte en Neurologie aux Etats-Unis « , n’est qu’une réécriture de notre article !

La règle veut que les médias tunisiens «pompent» de la TAP, non l’inverse, et les plus reconnaissants d’entre eux citent leurs sources. D’ailleurs, chez Webdo nous sommes devenus champion toutes catégories confondues de « citer ses sources » : selon, ajoute, précise et rapporte l’agence TAP. Nous sommes conscients et reconnaissants du rôle important que joue cette institution dans la couverture des événements, mais reprendre notre article sans aucune mention ni crédit… !

Quant à l’article de Webdo, il a été écrit par André Illiev, collaborateur de Webdo depuis dix ans (depuis l’existence de Webdo sur les pages de l’hebdomadaire Tunis-Hebdo) et fiancé de Kaouther Ajroud. André atteste qu’aucun autre support national ou étranger ne s’est intéressé à la participation de cette Tunisienne dans cette découverte. Il ajoute, aussi, ne pas se rappeler que l’agence TAP ait contacté Kaouher Ajroud, avant de publier sa dépêche.

L’éthique du journalisme veut que lorsque l’on reprend une information déjà relatée on la vérifie depuis la source et on cite le détenteur de l’info.

En Tunisie, aussi bien par la faute des journalistes que par celle des 23 ans passés sous Ben Ali, le plagiat est devenu un sport national. En général, si ce n’est pas le support médiatique lui-même qui autorise ce genre de pratique, c’est le journaliste qui le fait sans se soucier des conséquences. Une fois épinglé, le journaliste -si on peut l’appeler ainsi- vous sortira sa « punchline » : «avec Ben Ali on n’a plus de journalisme», sous-entendu que tout est permis !

Le meilleur exemple de plagiat qui restera sûrement dans les annales est celui de l’interview avec Charles Aznavour démenti, le jour même, par… Charles Aznavour lors de son passage à Tunis, en 2009. Publié sur les colonnes du journal Le Temps, son auteur a cru que tout était permis, car son nouveau boss n’était autre que Sakher El Materi.

Sans se la jouer M. Site Super Propre, il est arrivé à tous les médias de reprendre une idée ou un passage. Nous aussi dans Webdo (version papier ou électronique) nous avons eu des journalistes qui nous ont bien mis dans l’embarras. Mais lorsque le plagiat vient d’une agence de l’envergure de la TAP, on a le droit de se demander si une telle « discipline » ne devrait pas être introduite à l’Institut de Presse et des Sciences de l’Information (IPSI), comme une nouvelle matière !

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