Frêt maritime : projet du port d’Enfidha au point mort !

Le projet d’édification d’un port commercial en eaux profondes spécialisé dans le frêt maritime par containers avait fait l’objet depuis 2004 d’une étude de faisabilité et de choix du site qui avait elle même fait suite à une étude d’opportunité économique …

Le site du Rimmel, solution idoine ?

Reste qu’une réalisation de cette envergure nécessite, bien sûr, des travaux titanesques et des investissements faramineux : dragage des fonds marins à proximité du rivage, remblayage et construction de quais pour atteindre les profondeurs exigées (tirant d’eau de 12 à 18 m) permettant l’accostage des navires mastodontes porte-containers … Et cela sans compter la répétition cyclique des travaux de dragage pour dégager les dépôts de sable qui auraient été drainés sous l’effet de ressac de la mer au cas où le site choisi n’ait pas été assez profond.

Finalement, le site d’Enfidha aurait été retenu par les décideurs sous prétexte de proximité (centre du pays) et de meilleures dessertes avec les réseaux routiers et ferroviaires et des grandes zones industrielles projetées.
Pourtant, d’autres sites (en eaux profondes et naturelles ceux-là) avaient été proposés par les experts de bureaux d’études étrangers.

Une nécessité et non une «réalisation de prestige»
Construire un tel port spécialisé, est en fait une nécessité dictée par l’évolution des transports maritimes.
Pour plus de conviction touchons «deux mots» à propos de la nécessité de construction d’un nouveau port commercial spécialisé dans le frêt par containers.

Notre pays, avec ses quelque 1300 kilomètres de côtes, dispose, outre le port de La Goulette, spécialisé dans le transport passagers, de six ports commerciaux : ports de Radès, de Bizerte, de Sousse, de Sfax,de Gabès et de Zarzis, qui assurent en moyenne 22 à 25 millions de tonnes de marchandises diverses entre import et export, par an.

Certains experts étrangers, estiment que cette infrastructure portuaire est «trop fournie» en fonction des besoins du pays.

Pourtant, nos échanges de marchandises par voie maritime avec l’étranger (notamment avec nos partenaires européens de la rive nord de la Méditerranée) représentent 95 pour cent de la totalité du trafic marchandise avec l’étranger.

Or, les transports maritimes, pour une question de souplesse de transbordement de marchandises, sont de plus en plus axés sur le transport par containers : un cargo peut en transporter de 1500 à 3500 voire 6000 containers selon ses dimensions.

Les ports d’attache de ces mastodontes ont donc besoin d’adaptation pour cette activité (quais d’embarquement conséquents, grues, portiques de substitution, aires de stockage, embranchements ferroviaires et routiers).

Cependant aucun de nos six ports commerciaux (y compris le port de Radès) n’est spécialisé dans le traitement exclusif des containers, et cela pose des problèmes d’où la nécessité de construction d’un nouveau port commercial, spécialité containers. Mais un tel projet nécessite des investissements colossaux exige que la révision du choix du site soit plus approfondie.

De ce fait, le ministère de l’Equipement (exécuteur de tels projets), a mis pour l’instant en veilleuse l’édification d’un nouveau port pour cargos porte-containers à Enfidha.

Dans l’expectative !
Les responsables du ministère de l’Equipement et de l’Office national de la marine marchande et des ports (ONMMP) que nous avons contactés pour tenter d’éclairer notre lanterne (et celle de nos lecteurs) sur ce sujet ont été tous circonspects tout en confirmant que le projet «Enfidha» est actuellement en veilleuse.
Cependant d’autres rumeurs, persistantes celles-là, font état de la possibilité du choix d’un nouveau site qui aurait l’avantage d’être stratégique (centre du bassin méditerranéen), en eaux profondes naturelles, et à proximité de l’embouchure de l’autoroute A8 (Bizerte-Tunis). Il s’agit du site du Rimmel à proximité immédiate du port de pêche de Zarzouna (face à la raffinerie de pétrole STIR). Seul bémol, l’absence de liaison ferroviaire.
Wait and see !

NDLR. Crédit photo via Wikipedia: http://www.flickr.com/photos/t_abdelmoumen/2920355447/in/set-72157605874549902/

Larbi SEDKAOUI – Tunis-Hebdo

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