Censure, l’ATI l’exécute en toute « légalité » !

ATI, ATCE et autres acronymes de la même famille des agences à tout exécuter pour satisfaire le régime du président déchu se retrouvent, après le 14, sans maître, et elles sont priées de disparaître.

L’Agence Tunisienne d’Internet, depuis l’ouverture de l’Internet, tente de changer son image de pauvre « bourreau » soumis aux ordres de Carthage à une victime, hébergeant encore le matériel de censure.

Hier, dans ses locaux, Moez Chakchouk, PDG de l’ATI, a convié les journalistes et blogueurs pour discuter de la censure après le 14 Janvier.

En résumé, les nouvelles censures de ces derniers jours, qui ont touché quatre pages Facebook (jalel.brik, takrizo, youssefpatriote, ouajihbadreddine), sont, contrairement à l’ère de Ben Ali, justifiées par un tribunal… militaire.

Selon l’ATI, les militaires, dans les circonstances actuelles, ont le droit d’intervenir pour « punir de trois mois à trois ans d’emprisonnement, quiconque, militaire ou civil, en un lieu public et par la parole, gestes, écrits, dessins, reproduction photographique ou à la main et films, se rend coupable d’outrages au drapeau ou à l’armée, d’atteinte à la dignité, à la renommée, au moral de l’armée… » ,et ce, selon l’article 91 du code de la justice militaire, datant de… 1957 !

En gros, toute personne des quatre sites censurés s’étant moqué de et ayant insulté le général Rachid Ammar, l’armée ou d’autres symboles militaires, peut être emprisonnée. Et la censure le filtrage signé par l’ATI n’est qu’une mise en garde. Car Moez Chakchouk ne veut plus qu’on dise l’ATI censure, mais plutôt l’ATI filtre. Explication donnée : « La censure concerne le contenu. Mais nous, nous filtrons des URLs », précise le PDG de l’ATI.

Auparavant, l’ATI censurait sous les ordres des ogres de Ben Ali, sans donner d’explication. Aujourd’hui elle fait le même boulot, elle emprisonne la liberté d’expression, mais avec beaucoup de transparence et en toute légalité.

Commentaires:

Commentez...