Le régime parlementaire selon les jeunes de la Kasbah

Durant le deuxième sit-in à la Kasbah, à plusieurs visites, les mêmes questions posées à différents jeunes manifestants ont curieusement eu les mêmes réponses.

Ces questions ont porté sur les revendications férocement scandées par ces jeunes qui ont assiégé la place du gouvernement pendant plusieurs jours.

Il est probable que l’échantillon de manifestants ne soit pas représentatif de l’ensemble. La symbolique des réponses reste, elle, significative quant au niveau de connaissances de ces jeunes héros interrogés.

Les questions ont tourné autour de deux thèmes : l’Assemblée Constituante et le régime parlementaire.

Pour l’Assemblée Constituante, une bonne majorité des jeunes voudrait qu’elle soit formée tout de suite et que le gouvernement soit dissout. Cette majorité n’a pas compris qu’une telle assemblée ne peut être qu’élue et que pour organiser des élections, il faut du temps. En attendant, il doit bien y avoir un gouvernement pour gérer les intérêts du pays.

Face à ce constat, les jeunes répondent par une phrase clé : « Nous avons ici des gens qualifiés, des avocats et des opposants qui peuvent répondre à cette question. Allez leur poser vos questions ».

Le constat « d’analphabétisme politique » s’accentue sur le deuxième point qu’est le régime parlementaire. Tous ceux qui ont répondu à la question sont des jeunes rencontrés sur la place du Gouvernement et qui étaient en train de chanter avec la foule juste avant d’être abordés.

Ils ont tous répondu à la question : « Qui tient le pouvoir dans un régime parlementaire? » par « Le Parlement ». La discussion mène à une autre question « Le président de la république est à la tête du pouvoir exécutif, donc dans un régime parlementaire, c’est le parlement qui détient ce pouvoir? » La réponse est attendue : « Oui ! Nous avons vu les dangers d’avoir un président. Maintenant, le peuple veut un régime parlementaire ».

La dernière question était : « Il y a trois pouvoirs : législatif, exécutif et judiciaire. Si le parlement tient l’exécutif à la place du président et qu’il faut une séparation des pouvoirs, qui tiendra le législatif dont est chargé le parlement ? ». Encore une fois, le joker est sorti : « Nous avons ici des gens qualifiés, des avocats et des opposants qui peuvent répondre à cette question. Allez leur poser vos questions ».

Pour ces jeunes, le constat est clair. Le régime présidentiel est devenu synonyme de dictature. La solution serait un régime parlementaire. Il ne subsiste aucun doute sur leur motivation qui n’est autre que l’amour de la patrie. Mais, le flou couvrira l’identité de ceux qui leur ont donné l’idée de siéger à la Kasbah et qui ont rédigé les revendications.

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