Les incidents du vendredi et samedi à Tunis: Une conspiration contre la révolution !


Les incidents qui se sont produits à Tunis et à Kasserine le vendredi et le samedi sont troublants. En effet, ils sont intervenus après une accalmie réelle de deux semaines au cours desquels il n’y eut que des marches ou des sit-in pacifiques.

L’explosion de violence qui s’est produite dans les rues de Tunis et de Kasserine, d’une façon concomitante, nous laisse perplexe et ne semble pas être totalement « spontanée ». Bien au contraire, elle paraît même préméditée en intervenant à la suite de deux annonces relatives l’une aux anciens « caciques » du régime et l’autre aux anciens prédateurs du système.

Des intérêts remis en cause
L’annonce se rapportant à l’ouverture d’une enquête du procureur de la République contre une dizaine de barons du Rassemblement Constitutionnel Démocratique et des dirigeants de Ben Ali, en l’occurrence Mohamed Ghariani, Abdelwahab Abdallah, Abdelaziz Ben Dhia, Abderrahim Zouari, Kamel Morjane, Ridha Chalghoum, Zouhaier M’Dhaffar, Chedli Naffati, Abdallah Kallel et Hamed Karoui, pour malversation, corruption et abus de pouvoir ainsi que l’annonce de la confiscation des biens d’une liste d’individus proches du président déchu n’est, sans aucun doute, pas étrangère à cette explosion de violence.

Ces individus, dont certains ont occupé le poste de secrétaire général du RCD alors que d’autres sont intimement liés à d’anciens responsables de la « sureté nationale », possèdent certainement encore des relais au sein de la société et qui sont prêts, pour sauvegarder leurs intérêts, à faire rentrer le pays dans le cercle vicieux de la violence, de l’anarchie et de l’insécurité. Car, ils espèrent qu’en engendrant de nouvelles victimes, ils pourraient semer le chaos et faire avorter le processus révolutionnaire ainsi que la remise en marche des principales institutions du pays à l’instar de la magistrature, de l’administration ou encore des entreprises qu’elles soient publiques ou privées. En réintroduisant la violence, ces forces occultes espèrent un coup de force qui viendrait remettre en cause ce processus de changement profond qui se met progressivement en place dans notre pays.

Le jeu dangereux des extrémistes
Cependant, il faut avouer, que d’une manière consciente ou inconsciente (ce serait plus grave dans la seconde hypothèse), certains courants politiques, de gauche ou conservateurs, et que l’on pourrait taxer d’extrémistes, contribuent au pourrissement de la situation politique générale dans la mesure où leur pression continue sur le gouvernement et sur ses actions insinue le doute dans les esprits et ne fait qu’attiser la suspicion et la tension.

Car, il faut dire que sans un minimum de sécurité, de calme et de sérénité, sans un minimum d’Etat avec des services publics (transports, électricité, éducation etc) qui continuent de fonctionner normalement, sans des entreprises privées qui se remettent au travail, bref sans un minimum de stabilité sociale et économique, on ne peut rien construire de solide ou de consistant qui puisse garantir l’édification d’une démocratie pluraliste et stable.

Actuellement, les « ultras » ont réussi une première partie de leur plan en poussant le premier ministre Mohamed Ghannouchi à la démission. Indépendamment de la personnalité de celui qui est désormais l’ex-premier ministre de l’après-révolution, l’histoire retiendra qu’il a accompli sa mission dans un contexte extrêmement complexe et compliqué. Ce départ devrait quand même contribuer à faire baisser la tension pour laisser la place à une recherche d’un consensus de nature à permettre de développer un environnement juridico-constitutionnel propice à l’établissement d’une véritable vie démocratique. Maintenant, il s’agit de lui trouver un successeur qui puisse faire l’unanimité autour de sa personne pour ramener un soupçon de paix civile dans le pays.

Les ennemis de la révolution sont nombreux et se retrouvent dans la rue, mais aussi dans différentes institutions et dont il convient de faire échouer les desseins rétrogrades ou les visées oligarchiques et qui agissent encore, tapis dans l’ombre, contre la liberté et les intérêts du peuple.

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