Le ministre de l’intérieur Farhat Rajhi joue la carte de la spontanéité

Mardi soir à l’ occasion de son intervention à la chaine de télévision Hannibal, le ministre de l’intérieur Farhat Rajhi apporte quelques éclaircissements sur les événements de ces derniers jours.

Il décrit une fracture au sein du ministère de l’intérieur. Des ordres donnés et non respectés. Des décisions prises allant en parfaite contradiction avec les directives du ministre de l’intérieur. Et c’est pour cette raison que des débordements ont eu lieu selon lui.

Farhat Rajhi revient sur les manifestations de la Kasbaa et les débordements du 28 Janvier. Le général Ammar et lui auraient décidé de retirer les militaires de la place de la Kasbaa, ne voyant pas l’intérêt de monopoliser davantage l’armée, pour laisser un couloir de passage pour que les manifestants se dispersent. Mais la situation a dégénéré. Selon le ministre de l’intérieur, la violence utilisée par les bops ne serait justifiée que par des ordres venus de plus bas dans la hiérarchie du ministère et qui ne reflèteraient aucunement les ordres venus de la part du ministre et du général Ammar. Il ajoute qu’une enquête est prévue pour découvrir ce qui s’est réellement passé.

Un grand nettoyage a donc été programmé au sein du ministère de l’intérieur. Selon Farhat Rajhi, 42 responsables auraient été limogés. Il annonce également l’arrestation de l’ancien ministre de l’intérieur Rafik Haj Kacem ainsi que le limogeage du directeur de la sûreté. L’équipe actuelle sera remplacée par des jeunes. L’intention du ministère est de se mettre a la page en recrutant des jeunes au fait des nouvelles technologies (Facebook, twitter et autres..) et ceci afin de se rapprocher davantage des citoyens. Cette série de limogeages ne marque pas la fin de ce grand nettoyage et le ministre prévient que ces changements ne se feront forcement pas sans conséquences.

Il raconte la journée du 31 Janvier ou entre 2000 et 3000 personnes ont pénétré le ministère de l’intérieur armées et menaçantes. Il dit avoir réussi à sortir indemne du ministère mais avoir été victime de vol. On lui aurait dérobé son manteau, ses lunettes de vue et son portable. Il dépeint des individus extrêmement agressifs, ivres ou drogués pour la plupart. Ces personnes seraient toutes sorties du ministère sans avoir été ni interpelées, ni arrêtées. La sécurité du ministère n’a même pas pris la peine d’enregistrer leur identité. Selon Farhat Rajhi, cette faille dans la sécurité serait elle aussi due a certains dissidents présents au sein même du ministère. Il relie le fait que ces 3000 individus aient été lâchés dans la nature à la terreur semée aujourd’hui dans le pays.

Le ministre de l’intérieur annonce quelques dispositions prises pour les policiers. Ainsi les indemnités de 20000 dinars pour les citoyens morts pendant la révolution et les 3000 dinars accordés aux citoyens blessés seront également octroyés aux membres de la police étant eux aussi des citoyens a part entière. Il évoque un limogeage non encore officiel de tous les gouverneurs.

A la question de savoir quand les policiers retourneraient travailler, Farhat Rajhi répond que toute la chaine, en passant par le retour de la délégation, doit être remise en état pour que le policier retourne à son poste.

Il en profite pour inviter les citoyens à ne pas céder à la psychose et ne pas croire toutes les rumeurs et intox qui circulent.

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