Vers un nouveau gouvernement mais quelles garanties ?

 
Alors que les ministres s’entretiennent pour reformer un gouvernement « d’unité nationale », des milliers de tunisiens militent à la Kasbaa pour l’éviction des ministres anciens membres du régime Ben Ali.

Les rumeurs vont bon train sur la composition du nouveau gouvernement. Celle que l’on retiendra, car revenue un peu souvent à nos oreilles, est : Jgham au ministère de l’Intérieur, Emna Mnif au ministère de la Sante, et Ghannouchi, encore et toujours au premier ministère.

Cette fois-ci, par contre, il porterait une double casquette puisque le ministère de la Défense serait également à sa charge.

Cette nouvelle donne satisfera-t-elle le peuple tunisien ? Sommes-nous définitivement sauvés du régime Ben Ali avec un tel gouvernement ? La réponse des tunisiens se fera vite savoir.

Mais malheureusement, force est de constater que les stigmates de l’ancien régime sont encore présents et que les forces de l’ordre tunisiennes réagissent toujours avec la même brutalité. En témoignent des vidéos circulant sur Facebook.

Ces témoignages émanent de gens simples venus défendre leurs idées au cœur de la capitale. Ils dénoncent des groupes d’individus venus salir leur image en souillant les rues, des milices dissuadant les cafés, mosquées.. de leur ouvrir charitablement leur établissement afin que ces pauvres gens aient un toit décent ou dormir. Des policiers bloquant toute issue ou arrivée de nourriture salvatrice. Des médecins venus sur place, qui n’ont pas pu faire leur travail et qui ont été obligés de quitter la Kasbaa sans avoir secouru ceux qui avaient besoin d’eux.

Les manifestants sont venus en paix mais sont obligés de se relayer pour se protéger des assauts nocturnes de quelques bandes d’individus vandales et malveillants. Que fait le gouvernement pour les sauver ? Pourquoi des bombes lacrymogènes leur cassent-elles leurs jambes ? Sont-elles intentionnellement tirées pour blesser ?

Au même moment, le ministre de la justice annonce que des mandats d’arrêts sont lancés à l’encontre de l’ancien président et de sa famille. Les chefs d’inculpation sont légers. A en lire les réactions sur la toile, les tunisiens ne sont pas satisfaits de ces simples accusations d’acquisition illégitimes de biens mobiliers et immobiliers, ni de transferts illégaux de devises. Des vies ont été enlevées, bafouées, des gens ont été torturés tout au long du règne de Ben Ali, un pays entier a été mis a sac par les milices après son départ. Justice doit être faite !

Le nouveau gouvernement se doit de donner des garanties à son peuple sur sa bonne volonté.
Malheureusement, avec les événements de ces derniers jours, même les plus optimistes se posent à présent des questions sur l’avenir que pourrait offrir des membres d’un régime encore corrompu jusqu’à la moelle.

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