Tunisiens, Restez debout, le monde est fier de vous

Samedi 15 janvier, sous le timide soleil parisien, plusieurs milliers de manifestants se sont retrouvés place de la République. 8000 selon la police, au moins le triple selon les manifestants.

Aux clameurs de « Ben Ali assassin », « La coiffeuse rend nous l’argent», « RCD dehors », la foule, composée en majorité de (franco)-tunisiens renforcés par la présence de nombreux algériens, marocains et égyptiens a défilé de la Place de République jusqu’à l’hôtel de ville de M. DELANOE, qui vient tout juste de retourner sa veste pour soutenir du bout des lèvres le mouvement révolutionnaire tunisien. Quelques partis politiques français de gauche anti libérale ont accompagné le défilé, qui a mis plus de quatre heures à effectuer le parcours.

Des femmes et des hommes en liesse et en larmes, fiers de la jeunesse héroïque du peuple tunisien, heureux d’être tunisiens n’en revenaient toujours pas de la soudaineté de cette révolution aussi exaltante que foudroyante. Les gens ont fraternisé. Ils étaient soulagés, libérés d’une chape de plomb qui pesait depuis tant d’années. Cette joie n’est évidemment pas sans inquiétude. Inquiétude quant à la situation de tension provoquée par les milices de l’ex clan au pouvoir. Inquiétude quant au processus démocratique lui-même qui ne doit pas être confisqué. Inquiétude quant au rôle du RCD dont la disparition a été scandée par les manifestants. Inquiétude pour les proches en Tunisie barricadés chez eux. De l’inquiétude oui mais pas de peur : c’est notre plus grande victoire ! Tous veulent aujourd’hui écrire une page de leur histoire. Les solidarités sont nombreuses et la contagion du mouvement est en marche.

Le gouvernement français encore sonné par la chute de son ami Ben Ali, bafouille et amorce un repli stratégique en brandissant le spectre de l’islamisme. Toujours les mêmes rengaines que l’on pourrait résumer par un « tout sauf la démocratie » pour les peuples arabes et africains. Le discours de la peur ne prend plus.

L’heure des comptes politiques viendra en France, qui perd un à un tous ses alliés dans la Région en refusant d’embrasser le cours d’une histoire qui s’accélère. De la bêtise, un manque de vision et de courage, un mépris des peuples au profit des dictatures qui les soumettent, des intérêts mal placés…. Que sais-je ? Sans doute un mélange de tout cela.

Qu’importe aujourd’hui. L’urgence est au rétablissement de la sécurité. Le retour au calme pour engager le processus démocratique dans la sérénité.
Des associations s’organisent pour aider à la reconstruction, envoyer des vivres et du sang pour les hôpitaux.

Une chose est sure l’union du peuple tunisien traverse nos frontières et la méditerranée. La presse Algérienne titrait aujourd’hui : « La Tunisie est aujourd’hui devenu le phare du monde arabe ».

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