Djerba en quête d’une saison touristique

CP : LaMegala

Par Imene Boudali

A peine les frontières ouvertes, l’île de Djerba s’est lancée dans la préparation de l’accueil des visiteurs. Cette région, où environ 70% des habitants vivent directement et indirectement du secteur du tourisme, connait des temps difficiles depuis le début de la pandémie.

Il y a un an, plus d’un million de visiteurs étaient à Djerba. Aujourd’hui, l’ile tente de se rattraper et de sauver ce qui reste de la saison touristique. A l’aéroport Djerba-Zarzis comme à Houmet Souk ou dans les hôtels de la région, les professionnels du secteur et les citoyens espèrent une reprise rapide et la multiplication du nombre de touristes dans la région.

Le premier vol charter à destination de l’île, accueilli samedi 18 juillet 2020 a d’ailleurs été un événement majeur et boostant pour le moral des Djerbiens. En provenance du Luxembourg, le vol transportait près de 160 touristes Français, Allemands et Luxembourgeois ayant fui le vieux Continent pour profiter du soleil et de la stabilité sanitaire de la Tunisie. Un deuxième vol avait été reçu le lendemain, dimanche, avec à son bord d’autres visiteurs impatients de rejoindre la plage.

Toumi à Djerba

Pour sa première visite officielle, le ministre du Tourisme et de l’Artisanat Mohamed Ali Toumi s’est dirigé vers l’ile des rêves. Le responsable a décidé d’être présent à l’accueil des visiteurs du premier vol charter afin de passer un message positif sur la saison touristique à peine lancée.

Accompagné du nouveau directeur de l’office national du tourisme tunisien (ONTT), Moez Ben Hassine, du commissaire régional du tourisme Hichem Mahouech et du gouverneur de Médenine Habib Chaouat, Toumi a espéré que ces vols constitueront le retour et le lancement de la saison touristique « Ready and safe ».

« Djerba reste une destination assez particulière. Je suis très content pour les Djerbiens et pour les professionnels du Tourisme de la région. J’espère que l’arrivée de cet avion aidera à redorer le blason du tourisme tunisien à Djerba et ailleurs », a déclaré le responsable.

Protocole sanitaire dans les hôtels

Masques, désinfection, distributeurs de gel, distanciation… les procédures du plan « Ready and Safe » sont appliquées à la lettre par les hôtels qui attendaient impatiemment la réouverture des frontières et le retour des visiteurs.

À cet égard, Anis Chemli, directeur général d’un hôtel 4 étoiles de Djerba, nous a assuré que toutes les mesures annoncées dans le protocole sanitaire touristique sont adoptées pour assurer la sécurité des clients et des employés.

L’application de ces mesures commence dès l’arrivée du client : A la porte, les bagages sont désinfectés et la température est mesurée. En cas où cette dernière est supérieure à 38°C, le client sera transféré vers une zone Covid 19, où un médecin viendra à sa rencontre. Dans ce contexte, des dizaines de chambres de l’hôtel ont été consacrées aux cas suspects pour les accueillir loin du reste des clients.

Notre source a également indiqué que les procédures incluent la présence de gel désinfectant dans toutes les parties de l’unité hôtelière, en plus des opérations de nettoyage continu du matériel, des chaises et autres durant toute la journée.

Stratégie ambitieuse

Depuis quelque temps, le ministre du Tourisme indique qu’une stratégie visant à dépoussiérer le tourisme tunisien est en cours de préparation. Une équipe d’experts a d’ailleurs été mise en place pour focaliser sur le sujet.

Plusieurs idées ambitieuses ont été étalées par le responsable qui vise loin : révolutionner un secteur qui souffre de stagnation depuis des décennies.

La première proposition porte sur la création d’une cité sportive à Zaghouan, à l’exemple d’Aspire du Qatar. Le climat de la région mais aussi sa proximité des zones touristiques de Sousse et Monastir rendent ce gouvernorat un endroit parfait pour ce projet qui permettra aux hôtels de travailler tout au long de l’année.

La deuxième proposition vise à créer un parcours touristique en commençant par un port de croisière à Mahdia dont pourront profiter les zones environnantes comme El Jem ou Kairouan.

La troisième idée de Toumi consiste à reconsidérer la valeur des îlots, comme Galite. Ces zones pourraient accueillir des ports de plaisance haut de gamme qui attireront les touristes souhaitant découvrir davantage la mer, estime le responsable.

Mohamed Ali Toumi évoque, comme quatrième idée, la création d’un parc Disneyland dans notre pays. Selon lui, il s’agirait, via ce projet, de doter l’Afrique d’un « Africa Disney » en Tunisie en raison de son emplacement stratégique et qui permettrait aux touristes africains d’y venir au lieu de se déplacer vers des parcs d’attraction Walt Disney plus lointains.

Ces idées représentent une stratégie ambitieuse pour les quinze prochaines années. Un rêve de s’étendre vers plus de diversité dans un secteur crucial mais stagnant.

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