Circoncision à Lafayette : Un « thour » chez nos frères juifs

Ce texte bref essaie de restituer dans une tonalité qui se voudrait poétique, le rituel d’une circoncision dans la communauté juive tunisienne. Écrit pour les besoins d’un ouvrage paru il y a quelques années, je vous invite à le découvrir tout en notant que je l’avais alors intitulé « Le Huitième jour ».

C’est un simple regard sur des traditions toujours en usage. Toutefois, au lieu de décrire simplement, j’essaie de raconter poétiquement. À mon lecteur d’en juger.

Le Huitième jour

Quand revient le huitième jour, je revois Abraham, premier circoncis. Puis apparaît Isaac, à peine âgé d’une semaine.

Je me souviens de cette nuit du prophète Elie.

Je me souviens de l’enfant qui vient de naître et qui attend.

Partout des foulards en soie et, sur une table, des parfums, des chandeliers et des palimpsestes.

Le père s’apprête à perpétuer l’alliance. C’est la nuit du prophète Elie et le père ne va pas tarder à se couper les cheveux.

Tôt, aux premières lueurs du jour, il se plonge dans la prière. La confrérie du prophète Elie entonne les mélopées anciennes. Revêtu de son talit, le père anticipe le geste intemporel du mohel.

Plus loin, la mère de l’enfant se lève de son lit. Elle porte la plus belle de ses robes. Je sais qu’elle va marcher doucement jusqu’à la mezouza fixée au montant de la porte. Je pressens ses lèvres sur le boîtier au parchemin.

Maintenant, l’enfant repose sur les genoux de son grand-père qui est assis sur la haute chaise du prophète Elie.

Le « mohel » (tahhar) prépare le rite de passage. Il se penche sur l’enfant et pratique la circoncision. Demain sera jour de fête, seoudet Eliahou et ses promesses d’agapes.

Et aujourd’hui, après le brit milah (thour), l’enfant rejoint l’alliance des siècles.

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