« Sourate Corona » : Emna Chargui, de nouveau, face à la justice

Emna Chargui, la jeune internaute, accusée d’avoir partagée sur Facebook une sourate coranique détournée fait de nouveau face à la justice ce jeudi 2 juillet 202 et doit comparaître devant le tribunal de première instance de Tunis, étant poursuivie pour « atteinte au sacré et aux bonnes mœurs ». Elle risque jusqu’à 3 ans de prison.

Le 28 mai dernier, la justice avait décidé de reporter l’audience alors qu’Emna Chargui s’était présentée en état de liberté devant la Cour correctionnelle du tribunal de première instance de Tunis.

Emna Chargui bénéficie d’un large soutien de la société civile. Au tribunal, Emna Chargui a pu compter sur le soutien de manifestants, militants pour la défense des droits humains.

De nombreuses organisations à l’instar d’Amnesty international ont d’ailleurs appelé les autorités tunisiennes à abandonner les poursuites contre Emna Chargui, estimant qu’il s’agit-là d’un exemple illustrant la poursuite d’atteinte à la liberté d’expression en Tunisie.

Emna Chargui avait partagée le 4 mai dernier, avant d’être convoquée le lendemain par la justice un statut, une publication parodiant le Coran et parlant de la pandémie du coronavirus. Elle a voulu faire dans l’humour en publiant ‘Sourate Corona’, mais elle a vite été prise à parti par des internautes au point d’être victime de campagnes de diffamation et de menaces.

« La poursuite d’Emna Chargui est une illustration de la manière (…) dont les autorités continuent d’utiliser des lois répressives pour saper la liberté d’expression », avait déclaré, hier Emna Guellali, responsable d’Amnesty international.

Cette étudiante, poursuivie en état de liberté, risque « une peine de prison pouvant aller jusqu’à trois ans simplement pour avoir partagé un message satirique sur Facebook », a déploré Emna Guellali. Selon Amnesty, « un tel procès envoie le message que toute personne osant exprimer une opinion controversée sur les réseaux sociaux risque d’être punie ».

La jeune fille a déjà été entendue par un enquêteur et a été déférée devant le ministère public. Une convocation qui avait d’ailleurs suscité de nombreuses réactions.

L’Observatoire national pour la défense du caractère civil de l’Etat, s’est indigné de constater qu’Emna Chargui ait pu être déférée devant le parquet pour atteinte au sacré et incitation à la violence alors qu’aucune poursuite n’a été engagée contre ceux qui ont proféré contre elle des menaces de mort.

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