Selim Azzabi : « La Tunisie n’a pas engagé une politique d’austérité »

La Tunisie a-t-elle engagé une politique d’austérité ? Les dernières déclarations polémiques du chef du gouvernement Elyes Fakhfakh viennent semer le doute. « Nous pourrons arriver à un stade où nous seront obligés de réduire les salaires et de ne plus payer les pensions de retraite » avait-il averti.

Pour certains observateurs, ces déclarations tracent les premières lignes d’une politique d’austérité, mais pour l’équipe d’Elyes Fakhfakh, ce n’est qu’un effet de choc pour sensibiliser de la gravité de la situation.

Intervenant ce mercredi 17 juin pour présenter une étude sur l’impact de la crise du coronavirus sur l’économie nationale, le ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération Internationale, Selim Azzabi a affirmé que la Tunisie n’est pas encore arrivé à ce stade ».

« L’actuelle situation ne ressemble en rien à une politique d’austérité, il n’y a pas eu de licenciements ni de réduction des salaires, mais l’état des finances publiques est critique », a-t-il expliqué.

La porte parole du gouvernement Asma Shiri est revenue hier mardi 16 juin sur l’interview du chef du gouvernement Elyes Fakhfakh dans laquelle il avait annoncé que le gouvernement pourrait réduire les salaires si la situation des finances publiques poursuit sa détérioration. Selon Shiri « la question n’est pas sur les agendas du gouvernement et ne fera pas partie de ses plans, d’autant plus que le chef du gouvernement a juste voulu provoquer un effet de choc ».

Le chef du gouvernement avait mis en garde contre la détérioration de la situation des finances publiques, « ce qui pourrait forcer le gouvernement de réduire les salaires et ne plus payer les pensions de retraite ».

La réponse de la centrale syndicale n’a pas tardé, et comme prévu, l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) s’est fermement opposée à toute réduction des salaires dans la fonction publique. Le secrétaire général adjoint de l’UGTT, Hfaiedh Hfaiedh a souligné ce lundi 15 juin que l’Ugtt refuse, en effet, toute réduction de salaires envisageable dans le cadre de la politique d’austérité.

Selon une étude présentée ce mercredi par le ministère du Développement, de l’Investissement et de la Coopération Internationale, la pandémie de la Covid-19 devrait entraîner en 2020, une récession du PIB de 4,4% ; une baisse de l’investissement global de 4,9% des exportations de 9,6% ; et une baisse de la consommation des ménages de 8%, selon l’étude en question.

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