Tunisie : Quelles revendications pour le sit-in du Bardo et la campagne « Errahil 2 » !

Des activistes à l’instar de l’avocat Imed Ben Halima ou de l’ancienne députée Fatma Mseddi sont dans les starting-blocks en ce jour symbolique de 1er juin. Ils doivent annoncer le lancement officiel du sit-in du Bardo afin de satisfaire leurs revendications, notamment un changement des lois politiques et électorales ainsi que la révision de la Constitution à travers un référendum populaire.

Fatma Mseddi appelait, il y a quelques jours, à la dissolution du Parlement, mais aussi à un sit-in « Errahil 2 ». L’avocat Imed Ben Halima a annoncé, ce lundi 1er juin 2020, sur la Radio nationale, que le sit-in du Bardo sera lancé aujourd’hui mais qu’il sera tenu lorsque le confinement sera totalement levé. Deux sit-in aux revendications sensiblement différentes !

Les activistes à l’origine du sit-in du Bardo se sont fixés quatre objectifs. Selon Imed Ben Halima, on revendique d’abord la mise en place de la Cour constitutionnelle, la révision de la loi électorale et la révision de la loi portant sur l’organisation du pouvoir exécutif afin de trouver un équilibre entre les prérogatives du président de la République et celles du chef du gouvernement. Ce troisième point devra être l’objet d’un référendum au peuple.

Un quatrième point concerne le président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Rached Ghannouchi. Et il sera, ici, question d’exiger sa destitution en raison de ses positions au sujet de la Libye.

Imed Ben Halima précise toutefois que le sit-in du Bardo n’appelle pas à la dissolution du Parlement, comme l’exige « Errahil 2 », signalant que les activistes qu’il représente sont contre tout comportement illégal et chaotique pouvant provoquer un vide législatif. Il confirme ainsi que le sit-in du Bardo et « Errahil 2 » ne sont, pour l’heure, pas coordonnés et ont des revendications différentes.

Imed Ben Halima insiste sur la date du 1er juin parce qu’elle commémore le 65ème anniversaire de la fête de la victoire et le retour de Bourguiba en 1955, parce qu’elle marque le 51ème anniversaire de la première Constitution et l’annulation de la Constitution proposée par l’ANC, le 1er juin 2013.

En ce qui concerne « Errahil 1 », rappelons qu’il y a sept ans, un sit-in tenu en juillet 2013 devant le siège du Parlement, avait contraint la Troïka à jeter l’éponge. Suite à quoi, un gouvernement d’union nationale avait été mis en place.

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