Bloqué en France : Mongi Marzouk vivement critiqué après son escapade de Paris

Le ministre de l’Energie et des Mines, Mongi Marzouk est dans de beaux draps ! Il est actuellement bloqué en France, où il s‘était rendu pour célébrer l’Aid el-Fitr en famille tout en assurant être en mesure de gérer son ministère à distance.

Beaucoup de Tunisiens ont mal digéré cette annonce faite par le ministre sur sa page Facebook qui se justifie en évoquant l’annulation par Tunisair de son vol retour. Sur les réseaux sociaux, la publication du ministre a été violemment critiquée et son comportement a été jugé « irresponsable » pour un homme d’État qui, selon eux, a violé les mesures de confinement.

Il faut savoir que les mesures sanitaires imposent toujours la fermeture de l’espace aérien tunisien et seuls des vols de rapatriement sont organisés. Mongi Marzouk a donc été « rapatrié » vers la France, et alors qu’il comptait revenir à Tunis, Tunisair lui a fait faux bond.

« Pour des raisons exceptionnelles, j’ai profité des vacances de l’Aïd pour visiter ma famille à Paris. (…) J’avais réservé un vol aller-retour sur Tunisair, en me conformant à toutes les directives sanitaires en vigueur pour les voyageurs. Malheureusement, le vol retour fut annulé, ce qui a retardé mon retour au pays. Cela ne m’a pas empêché pour autant de m’enquérir des affaires du ministère et de gérer mes équipes à distance (…) ».

Sauf que le ministre a été pris à partie par les internautes qui exigent désormais sa démission. De quel droit a-t-il pu voyager en France alors qu’en Tunisie il était strictement interdit de se rendre dans une autre ville durant l’Aid ? Contrairement à lui, le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte s’est retenu pendant plus de huit semaines, de se rendre au chevet de sa mère de 96 ans, aujourd’hui décédée, en raison du confinement au Pays-Bas.

Les actions ont été virulentes estimant que Mongi Marzouk comme tous les ministres disposent de passe-droits. Justifiant son voyage par des « circonstances exceptionnelles », le ministre oublie que beaucoup de Tunisiens ne disposant pas de privilèges que peuvent avoir les ministres ont, eux aussi, des « circonstances exceptionnelles » parfois plus « graves » que celles invoquées par Mongi Marzouk.

Nul doute, par ailleurs, que Mongi Marzouk n’a pu se rendre en France sans l’aval du Chef du gouvernement, Elyes Fakhfakh. Ce dernier répondra-t-il à cette polémique ? En tout cas, l’attaché de presse du ministère de l’Énergie a déjà donné le ton en commentant cette affaire : « Nous aurions pu inventer une mission pour Monji Marzouk, mais il a été franc et a reconnu qu’il était parti visiter sa famille… ».

La porte-parole du gouvernement, Asma Shiri, a également réagi, justifiant que le ministre s’est retrouvé bloqué en France pour des raisons exceptionnelles, notamment à cause de l’arrêt du trafic aérien. « Il continue de gérer le ministère à distance », a-t-elle assuré. Sauf que Mongi Marzouk ne sera pas lâché de sitôt. Les activistes ont accourus et ont dénoncé une violation flagrante des lois à l’instar de l’ancienne présidente d’Al-Bawsala.

« Déjà, le ministre n’a pas le droit de prendre l’avion pour aller dans un autre pays. Toutes les raisons et excuses importent peu, c’est illégal et immoral. Pire encore, il fait preuve de fourberie, en utilisant son passeport français pour être “évacué” vers la France, et son passeport tunisien pour être “évacué” vers la Tunisie, bénéficiant d’un passe-droit grâce à son poste de ministre.

Quel message à communiquer à la population, aux Tunisiens coincés à l’étranger, etc. ? Et comment un ministre qui a je ne sais combien d’avis de grève, dans une situation aussi complexe et compliquée que nous traversons aujourd’hui peut prétendre pouvoir faire du télétravail et prendre autant à la légère la gestion des affaires publiques dans une période où le pays est bloqué, des gens sont au chômage, des entreprises au bout du gouffre ? De quel notion d’intérêt publique on parle ?

Le deuxième point qui me choque le plus, est cette tendance à chercher et à vouloir trouver des excuses, justifier et excuser des comportements et des actions injustifiables. Soit parce qu’on fait partie d’un clan, soit parce qu’on est fan et qu’on pense (à tort ou à raison) qu’untel est compétent ou qu’untel est le dernier des messies et qu’on ne peut pas se permettre de le “perdre”.

– Le dernier point que j’essaye aussi de comprendre et qui est adjacent à toute cette histoire est cette notion de “ meilleur ministre de ce gouvernement” qui est présentée comme étant un fait accompli, indéniable et vérifié, mais selon quelles bases ? (…) »

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