Crise des médias : Que révèle la suspension de l’émission phare « Tounes El Yaoum » ?

Il est connu pour tous que les médias tunisiens ne connaissent pas leurs meilleurs jours, qu’il s’agisse des supports écrits ou bien même des médias audiovisuels. Et pour cause, l’absence d’un modèle économique viable se limitant seulement aux revenus publicitaires qui restent tributaires des crises économiques et politiques.

L’actuelle crise du coronavirus n’a fait que dévoiler les maux d’un secteur livré à lui-même en l’absence de politiques d’Etat à même de lui assurer une stabilité. Certains pensent d’ailleurs, que les politiques veulent maintenir le secteur dans une crise sans fin afin de le priver de jouer son rôle comme chien de garde et vigile de la démocratie.

Les premières répercussions de cette crise systémique du secteur médiatique commencent à se faire sentir. Hier mercredi 27 mai, l’animatrice Maryem Belkadhi a annoncé « l’arrêt momentané », de son émission phare Tounes El Yaoum » diffusée sur la chaine Elhiwar Ettounssi.

 » Chers amis, chers téléspectateurs. C’est avec le cœur gros que je vous annonce l’arrêt momentané de votre talk-show quotidien “Tounes El Yaoum” sur El Hiwar Ettounsi et ce pour des raisons de restrictions budgétaires décidées par la direction de la chaîne . Toute mon équipe et moi-même vous remercions pour votre fidélité et vous disons à très vite. » a-t-elle annoncé sur sa page Facebook, pour dévoiler, implicitement les difficultés financières auxquelles fait face Elhiwar Ettounssi, l’une des premières chaines TV en Tunisie en matière d’audimat.

Une annonce qui intervient après le Ramadan pourtant connu comme étant le mois du pic des revenus publicitaires pour les télévisions. En dépit de ce constat, la chaîne, dont le propriétaire est toujours en prison à cause de soupçons de corruption, traverse une mauvaise passe marquée notamment par une conjoncture financière difficile.

Pourtant, un rapport publié, vendredi 15 mai 2020, par la Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle (Haica) démontre que ces deux chaînes TV AttessiaTV (55%) et Elhiwar Ettounssi(25%) et la radio Mosaique FM ont raflé la part du lion des spots publicitaires pendant la première semaine de Ramadan (du 24 au 30 avril).

Au fait, Elhiwar Ettounssi ne fait pas l’exception, mais ne fait que révéler cette crise systémique qui s’est emparé du secteur médiatique depuis la révolution. Une crise qui se caractérise par la baisse des revenus, la détérioration de la qualités des contenus proposés et l’absence de la révision du cadre légal dans lequel s’activent les médias depuis 2011.

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