Tunisie : Après chaque crise, le touriste local appelé à la rescousse !

CP : AA

C’est devenu une habitude ou presque un réflexe pavlovien, à l’issue de chaque crise touristique, tous les yeux se tournent vers le touriste tunisien comme si c’était de son devoir de sauver le secteur et payer la facture de la mauvaise gestion de ce secteur.

On se rappelle qu’après la série des attentats de 2015 et 2016, alors que la quasi totalité des hôtels tunisiens ont déclaré faillite, certains étant toujours fermés, ce sont les Tunisiens, mais aussi les Algériens, qui ont volé au secours du secteur.

Hier vendredi 15 mai, le ministre du Tourisme et de l’artisanat n’a pas brisé la règle et n’a pas fait exception en appelant implicitement les Tunisiens à soutenir ce secteur sinistré.

« La relance se fera d’abord avec les touristes locaux, puis avec ceux des pays voisins si la situation sanitaire dans ces pays le permet, et dans une prochaine étape avec les pays européens qui accepteront des ouvertures vers la Tunisie, en respectant les exigences sanitaires dictées par la pandémie », a-t-il lancé pour dire qu’un élan de solidarité de la part des touristes locaux pourrait sauver partiellement la saison.

Un appel qui intervient en temps de crise et qui sollicite l’aide des Tunisiens alors que la saison touristique est perdue, sauf miracle. Les touristes locaux vont répondre à cet appel, certes, mais s’interrogent aussi sur les rapports qu’entretiennent les professionnels du secteur avec le touriste local en temps normal ? Est-il considéré comme une roue de secours ou s’agit-il des prémices de nouvelles relations entre le Tunisien et le secteur touristique ?

Le grand point d’interrogation auquel personne ne veut répondre ou alors pourquoi pendant les saisons touristiques réussies, les Tunisiens peinent à réserver une seule nuitée dans un hôtel et souffrent de service et d’une offre touristique détériorés ?

N’est-il pas de leur droit de passer leurs vacances dans leur pays et de bénéficier des avantages et des prix bradés qu’offrent les hôteliers tunisiens aux étrangers ?

En tout cas, le défi aujourd’hui étant de réconcilier le Tunisien avec son tourisme et de redynamiser tous les aspects du tourisme local même en haute saison et de ne plus le considérer comme un gilet de sauvetage en cas de naufrage.

Le tourisme se présente comme étant le secteur le plus impacté et sinistré par la crise du coronavirus et la situation du confinement. Après le choc, il est temps de faire les comptes et les calculs et vue de rebondir rapidement. Mohamed Ali Toumi, ministre du Tourisme et de l’Artisanat, a affirmé que le secteur s’attend même  à 6 milliards de dinars de pertes et même plus.

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